La prime de 500 à 1.500 euros promise par le gouvernement aux personnels soignants leur sera versée, qu'ils travaillent dans le public ou le privé. Mais quid des professions qui ne sont pas directement considérées comme des personnels soignants ?

Pour l'heure, les ambulanciers privés ne font pas partie des personnels concernés par la prime exceptionnelle du ministère de la Santé (photo d'illustration)
Pour l'heure, les ambulanciers privés ne font pas partie des personnels concernés par la prime exceptionnelle du ministère de la Santé (photo d'illustration) © AFP / Pascal Guyot

La prime, annoncée le 15 avril, sera accordée dès le mois de mai, promet le ministère de la Santé : en signe de reconnaissance pour leur mobilisation pendant la crise liée à l'épidémie de Covid-19, les personnels hospitaliers toucheront une prime exceptionnelle. Pour les personnels des services les plus exposés (dans les trente départements les plus touchés et les 108 hôpitaux du dispositif Covid ), elle s'élèvera à 1.500 euros. Pour les autres membres du personnel hospitalier, elle sera de 500 euros. 

Mais après ces annonces, de nombreuses interrogations ont été soulevées par les personnels de santé hors du circuit hospitalier. Le reste du secteur médico-social sera-t-il lui aussi concerné par cette prime ? Et le secteur privé ? Lors de son annonce, le ministre de la Santé Olivier Véran avait affirmé souhaiter qu'une prime "soit versée aux professionnels du médico-social, et notamment des EHPAD" également. Par ailleurs, dans un article du site du gouvernement publié le 23 avril, il est indiqué que "les personnels des établissements de santé privés lucratifs et à but non lucratifs seront également concernés par cette prime exceptionnelle. Des contacts seront pris avec leurs fédérations pour fixer avec elles les modalités de versement de cette prime", explique la page en question.

Les ambulanciers pas considérés comme "soignants".

Restent des professionnels, des établissements, qui restent a priori exclus de ce dispositif de primes exceptionnelles. Et c'est le cas des ambulanciers privés, dont une partie ont été missionnés par le Samu pour le transport des malades du Covid-19.

"De par notre formation, et de par la loi, nous sommes considérés par le ministère de la Santé comme des professionnels de santé. Mais nous ne sommes pas soignants. De plus, nous dépendons de la convention collective des transports routiers, qui dépend donc du ministère des Transports", explique Redouane Saf, ambulancier, auteur d'une pétition nommée "Obtenir la prime Covid-19 du Gouvernement, changement du statut des ambulanciers privés" sur Internet – qui cumule plus de 20 000 signatures à l'heure actuelle. 

"Cette prime, c'est une forme de reconnaissance financière."

Même s'il salue le fait qu'Emmanuel Macron, dans sa dernière allocution, a mentionné les ambulanciers, il estime qu'il y a "un sentiment de laissés pour compte, de déception, en voyant que les ambulanciers, qui ont eux aussi été en première ligne, ont été exclus de ce dispositif".

Interrogé, le ministère de la Santé précise que les ambulanciers sont éligibles à un autre dispositif spécifique, mis en place pour les professionnels de santé libéraux.

Personnels médico-sociaux et internes aussi dans le flou

Pas considérés comme faisant partie du personnel soignant, les ambulanciers risquent donc de ne pas toucher la prime du gouvernement. De même que tous les personnels de soin et d'assistance aux personnes âgées ou handicapées, regroupées dans le GR31 : dans un communiqué le 22 avril, cette association demande "l'extension de ce dispositif à l'ensemble des professionnels employés par les établissements et services médico-sociaux", à hauteur "au moins identique à la prime versée aux agents hospitaliers" et surtout "tous métiers et tous secteurs confondus : public, privé associatif, mutualiste et commercial – sans oublier les professionnels de la fonction publique territoriale". Comme chez les ambulanciers, le GR31 estime que cette question de la prime exceptionnelle cristallise un problème de fond, et exige une réforme plus globale à venir.

Enfin, même constat chez les internes en médecine, qui ne recevront pas tous cette prime : "La DGS nous avait assuré que la mesure inclurait tous les internes, et aujourd'hui nous apprenons que ce ne sera finalement pas le cas", déplorait Marianne Cinon, présidente de l'intersyndicale des internes en médecine, jeudi dans le journal spécialisé Le Généraliste. Pas de prime notamment pour les internes en stage ambulatoire, alors que "tous se sont mobilisés pour prêter main forte", assure-t-elle.

Une interpellation a qui a provoqué une réponse d'Olivier Véran vendredi. 

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