Edouard Philippe a confirmé ce mardi un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants. Il a également annoncé que les tarifs du gaz et de l'électricité n'augmenteraient pas pendant l'hiver et que le durcissement du contrôle technique serait suspendu.

Des Gilets jaunes à brest
Des Gilets jaunes à brest © AFP / Fred TANNEAU

Édouard Philippe a confirmé ce mardi midi  le choix du gouvernement d'un moratoire de six mois sur la hausse des taxes sur les carburants, une revendication majeure des "gilets jaunes".  

Aucune taxe ne mérite de mettre en danger l'unité de la nation.

Les tarifs du gaz et de l'électricité qui devaient augmenter au 1er janvier n'augmenteront pas cet hiver. 

Il faudrait être sourd pour ne pas entendre la colère des Français.

Un premier geste, mais encore insuffisant. Plus tôt dans la matinée, les oppositions de droite et de gauche réagissaient à un moratoire (suspension) sur la hausse des tarifs du carburant .

Stanislas Guerini, LREM : "Pour un débat apaisé"

Il s'agit de "retrouver les conditions d'un débat apaisé", a expliqué sur RTL le député de Paris, nouveau délégué général de La République en marche, Stanislas Guerini.

"Il faut apaiser le pays, nous allons avoir un moment de concertation, de débat avec les Français, il faut que ce débat puisse se passer dans des conditions apaisées". 

Laurent Wauquiez, LR : "Insuffisant"

Un moratoire n'est "pas suffisant", "il faut l'annulation des hausses de taxes" et un geste en faveur des retraités, a réclamé mardi le président de LR Laurent Wauquiez devant les députés.

Alain Juppé :  "Une première étape, une étape d'apaisement"

Le maire de Bordeaux salue les mesures annoncées, tout en reconnaissant que cela "ne suffira pas," car il faut aller "au fond des choses" : la lutte contre les inégalités, par les leviers du niveau de vie et de la fiscalité.  

"Il faut aussi que des gilets jaunes se choisissent "des responsables (...) qui répondent de ce qu'ils font devant leurs mandants" a-t-il souligné devant des journalistes à Bordeaux . 

"La démocratie spontanée, c'est très bien mais ça n'a qu'un temps, et il faut que les pouvoirs publics qui sont prêts au dialogue aient des interlocuteurs devant eux".  Il a appelé les "gilets jaunes" à "arrêter les appels à manifester", car "on sait ce qui va se passer, compte tenu de la récupération inévitable par des casseurs"

Aurélien Pradié, LR : "Ça ne suffit pas"

"J'ai trouvé un Premier ministre sonné. Je me dis tout ça pour ça", a réagi sur franceinfo Aurélien Pradié, député LR du Lot, après les annonces d'Edouard Philippe. "Le gouvernement ne comprend pas ce qu'il se passe. Il est confronté à une réalité extrêmement dure et il essaie d'atterrir. La colère est profonde et ce n'est pas mon discours qui met de l'huile sur le feu mais la manière dont ce gouvernement traite ce pays avec mépris depuis plusieurs mois", a expliqué Aurélien Pradié. 

"Ma responsabilité de député c'est de dire qu'un moratoire de six mois ne suffit pas. Il faut une annulation des taxes."

Eric Ciotti, LR : "Indispensable mais pas suffisant"

"C'était naturellement indispensable. Je suis satisfait qu'il y ait cette interruption", a réagi ce mardi sur franceinfo Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, membre de la commission des Lois.            

Damien Abad, LR : "Le compte n'y est pas"

"C'est trop peu et trop tard. Le moratoire était un préalable indispensable mais qui arrive bien trop tard", a réagi Damien Abad, vice-président du parti Les Républicains et député de la 5e circonscription de l'Ain. 

Cette annonce ne suffit pas pour Damien Abad : 

"Nous demandons des mesures fortes et durables, pas des suspensions. La suppression de la hausse de la CSG par exemple. Aujourd'hui on a besoin de mesures fortes pour le pouvoir d'achat, on a besoin que le gouvernement sorte de son arrogance et de son mépris à l'égard de cette France des territoires qui souffre de plus en plus. La rupture avec les Français est extrêmement forte."

Bruno Retailleau, LR : "Ce n'est que du sursis"

"Un moratoire, c'est simplement des délais, c’est simplement repousser la date d’application. Je demande l'annulation de la hausse de la taxe sur les carburants" a réagi Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains au Sénat sur Twitter.

Jean-Christophe Lagarde, UDI : "Il reste deux étapes"

Pour le président de l'UDI et du groupe UDI-Agir : "Ils ont fait un premier pas en entendant enfin mais bien tard la nécessité de geler les hausses de taxe sur les carburants et les énergies. Mais il reste deux étapes à franchir :  adopter des mesures d'équité sociale, reconstruire notre modèle fiscal, social et environnemental en organisant un Grenelle avec les corps intermédiaires et les élus locaux."

Xavier Bertrand : "Il faut revoir la pression fiscale"

L'ex-LR Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France,  appelle à geler "les augmentations de taxes sur l'énergie" et "remettre à plat sans tabou la question des revenus" et de "la pression fiscale", après ce premier geste qui certes permet de "desserrer l'étau".

Boris Vallaud, PS : "Trop tard !"

Pour le porte-parole du PS à l'assemblée nationale : "Que c'est tardif! Le gouvernement va suspendre la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Mais le vase lui-même? La réponse est typique de la droite: moins d'impôts pour moins de services. Je n'ai rien entendu sur l'ISF et la flat tax."                  

Manuel Bompard, directeur des campagnes de La France insoumise: "Sous la pression des gilets jaunes, Édouard Philippe reporte la hausse des taxes après les élections européennes. On ne répond pas à la colère et aux difficultés face à la vie chère par un bricolage manoeuvrier et électoraliste." (Twitter)                      - Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste: "Suspendre n'est pas comprendre! Et encore moins répondre. Le gouvernement est totalement coupé du quotidien des Français. En 2019 pas de hausse des salaires ni des pensions prévue mais une augmentation des loyers, des mutuelles annoncée qui impactera encore le pouvoir d'achat". (Twitter)                      - Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI et du groupe UDI-Agir: "Ils ont fait un premier pas en entendant enfin mais bien tard la nécessité de geler les hausses de taxe sur les carburants et les énergies. Mais il reste deux étapes à franchir: (...) adopter des mesures d'équité sociale (...), reconstruire notre modèle fiscal, social et environnemental en organisant un Grenelle avec les corps intermédiaires et les élus locaux." (à l'AFP

Sébastien Chenu, RN : "Du bricolage, du colmatage"

Pour le porte-parole du Rassemblement National, interrogé sur France Inter dans le journal de 13 heures par Bruno Duvic, 

"ce gouvernement  essaie de tenir jusqu'aux élections européennes". Sébastien Chenu a affirmé continuer à soutenir les "gilets jaunes", ajoutant :
"Nous avions demandé une prime de 200 euros pour les petits salaires et les petites retraites, il n'y a rien de tout ça. Ce gouvrenemnt ne fait que colmater les brêches". 

Marine Le Pen, RN : "Ce n'est pas à la hauteur des attentes"

La présidente du Rassemblement national avait estimé dans la matinée que "ça n'est évidemment pas à la hauteur des attentes et de la précarité" de la population. 

Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France : "Une première victoire"

Le président de Debout la France réclame lui aussi une annulation définitive non seulement des taxes sur les carburants, mais aussi des taxes sur l'énergie. 

Daniel Cohn-Bendit : "Il faut aller plus loin, négocier sur le smic"

L'ex-député européen Europe Écologie les Verts Daniel Cohn-Bendit a demandé ce mardi matin sur France Inter à Emmanuel Macron d'aller "plus loin" et de "négocier sur le smic". Il a également appelé de ses voeux un ISF vert, un impôt sur la fortune pour financer la transition écologique.                     

Ségolène Royal : "Mieux vaut tard que jamais" 

Pour l'ancienne ministre socialiste de l'Écologie :"Mieux vaut tard que jamais. Cette décision aurait dû être prise dès le départ, dès l'émergence du conflit, dont on sentait qu'il allait être très très dur car on voyait la rage, l'exaspération, notamment des retraités", sur Radio Classique. Mais elle estime qu"il faut aussi un coup de pouce au Smic.

EELV : "Pas d'apaisement sans vrai changement"

Stéphane Le Foll :  "Il faut un cycle de négociations"

"Le gouvernement d'Edouard Philippe va reculer sur la hausse des carburants et c’est une très bonne nouvelle. Il aurait dû le faire depuis le début ! " a réagi Stéphane Le Foll, ancien ministre de l'Agriculture sous le mandat de François Hollande. Pour l'actuel maire du Mans "Il faut engager un grand cycle de négociation intégrant les salaires et un coup de pouce au smic."

Eric Coquerel, FI : "Trop tard et pas assez"

"C'est un premier pas dû à la mobilisation qu'il aurait fallu faire il y a des semaines. S'ils pensent qu'avec une simple suspension, les gens vont être satisfaits, je crois qu'il s'en sortira pas avec un tripatouillage"

38 sec

Réaction d'Eric Coquerel, député La France Insoumise

Par Laurence Peuron

Clémentine Autain, FI : "Revoir nos institutions"

Pour la députée de la France insoumise, Clémentine Autain appelle, face à l'"urgence démocratique", à engager "un processus constituant pour une VIe République". Elle estime que "changer de République est une urgence démocratique".

Fabien Roussel, PC : "Le gouvernement est coupé des Français"

Selon le secrétaire national du Parti communiste : "Suspendre n'est pas comprendre! Et encore moins répondre. Le gouvernement est totalement coupé du quotidien des Français. En 2019 pas de hausse des salaires ni des pensions prévue mais une augmentation des loyers, des mutuelles annoncée qui impactera encore le pouvoir d'achat". 

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