La semaine nationale du Refuge commence ce lundi. Comme chaque année, l'association de soutien aux jeunes victimes d'homophobie et de LGBT-phobie, en appelle aux dons. Rejeté par ses parents, ce Perpignanais de 21 ans vit aujourd'hui avec d'autres victimes dans un appartement du Refuge. Il nous a raconté son histoire.

Rejeté par ses parents, Anthony, un Perpignanais de 21 ans vit aujourd'hui avec d'autres victimes dans un appartement du Refuge
Rejeté par ses parents, Anthony, un Perpignanais de 21 ans vit aujourd'hui avec d'autres victimes dans un appartement du Refuge © Radio France / Thibaut Lefevre

Depuis sa création il y a 16 ans, 7 500 jeunes comme Anthony ont bénéficié d'un accompagnement social et d'un hébergement temporaire. Rejeté par ses parents, ce Perpignanais de 21 ans vit aujourd'hui avec d'autres victimes dans un appartement du Refuge. Cela fera un an, le 21 juin prochain, qu'il a été mis à la porte par ses parents. 

Après l'annonce de son homosexualité à sa famille, il a vécu "des insultes, des moqueries", et jusqu'à l'humiliation de devoir dormir dans le garage de la maison : "Je rentre du boulot et je vois mon lit dans le garage, je monte, et mon propre père tombe sur le cul quand je lui annonce que mon lit est dans le garage. Cinq minutes plus tard c'est mon frère de 18 ans qui me regarde avec un grand sourire et me dit 'je n'ai pas envie de dormir avec une tapette, je n'ai pas envie que tu me fasses des attouchements'". 

"Ma mère me regarde, commence à m'insulter, me traiter de tous les noms, 'sale pédé, tu vas te faire sodomiser à droite à gauche'. En clair, elle me dit que je ne suis qu'une sale pute, un moins que rien. Ma mère me colle une paire de claques", se souvient-il. "En fait, on n'a qu'un père et une mère sur Terre. Quand ils vous disent, 'c'est ça ou on te met dehors', (...) je me suis dit que mes propres parents, ceux qui m'ont donné la vie, l'éducation qu'ils m'ont donné n'est pas la même que celles qu'ils ont eue".  

Il vit donc plusieurs mois dans cette pièce avec une porte cassée et une vitre manquante. "Je tombe malade petit à petit, mon médecin dit que ce n'est pas normal, mais je n'ose pas, même à mon médecin, avouer que je dors dans le garage". 

"Si je l'ouvrais, on me disait "tu l'as bien cherché"... J'ai cherché quoi ? Qu'on me donne de l'amour. Qu'on ne m'éduque pas comme un extra-terrestre. 

"Les insultes, c'était tous les jours. 'Sale pédé, sale pute'. Quand mon frère de 18 ans me dit que 'mon trou du cul est un garage à bites', je me demande ce qu'ils peuvent bien dire quand je ne suis pas là". 

C'est le 21 juin dernier qu'il est mis définitivement à la porte par ses parents. "Le jour où je suis parti, j'ai regardé mon père, je lui ai dit 'Au revoir, adieu, à jamais, j'ai plus envie de te voir'. Et ma propre mère, j'essaie de lui dire, 'Au revoir maman, tu vas me manquer maman', et elle me sort 'J'en ai rien à foutre de ta gueule, tu peux mourir'. Quand vous refermez la porte et que vous entendez vos parents dire 'Tu n'es plus notre fils, on te renie', vous avez tout compris : eux vont faire une croix sur moi. Et moi, nous, comme tous les jeunes dans mon cas, il faut apprendre à tirer un trait sur ça". 

Ça va faire un an que j'ai coupé le contact avec eux. Je n'ai même pas envie de renouer. Ça ne va servir à rien, ils vont me faire du mal.

Aujourd'hui, Anthony dit ressentir "de la haine" pour ses parents et son frère. "Ils pourront essayer de me dire de revenir à la maison, qu'ils ont changé, ils ont déjà essayé avec ma sœur mais elle a été maline, elle a coupé tout contact aussi". Et il affirme que ce sentiment le suivra "jusqu'à la fin de sa vie" : "Je n'ai pas mérité ça. Je suis leur fils, après tout".

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