Le très critiqué dispositif APB doit être remplacé. Le mot de sélection n'est pas prononcé par le gouvernement qui doit exposer ces nouvelles règles pour entrer à l'université ce mercredi en conseil des ministres.

L'un des enjeux pour les étudiants est d'être bien orienté au bon moment.
L'un des enjeux pour les étudiants est d'être bien orienté au bon moment. © AFP / GARDEL Bertrand

Le gouvernent propose donc de changer les règles en vigueur actuellement pour entrer à l'université, le système dit APB. Ce projet est discuté en conseil des ministres, après trois mois de concertation avec les principaux acteurs du monde éducatif. 

Hervé Jean-le Niger répond aux questions de Bruno Duvic sur le sujet :

Deux points importants dans le projet de loi intitulé "Orientation et réussite des étudiants" :

  • la suppression du tirage au sort 
  • la réduction du taux d'échec en première année de fac

Ce texte a été présenté fin octobre par le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Plusieurs instances consultatives rassemblant les représentants du monde éducatif, ont fait évoluer quelques amendements. 

"Notre objectif, c'est qu'à la rentrée prochaine nous soyons en capacité d'accueillir tous les bacheliers" a déclaré la ministre. La nouvelle plateforme ouvrira le 15 janvier et s'appellera "Parcoursup".

Des réponses à partir de mai

Les futurs bacheliers pourront inscrire 10 vœux et recevront des réponses à partir de mai. A aucun moment les termes "sélection", "prérequis" ou même "attendus" ne sont prononcés. Pourtant, dans ce nouveau dispositif, l'inscription dans une formation en licence générale pourra "être subordonnée à l'acceptation, par le candidat, du bénéfice des dispositifs d'accompagnement pédagogiques ou du parcours de formation personnalisé proposés par l'établissement pour favoriser sa réussite".   

Le gouvernement, avance que ces règles doivent permettre de réduire le taux d'échec en première année en licence générale qui atteint près de 60%. 

Sur la plateforme, le candidat pourra recevoir plusieurs réponses: "oui", "oui si" ou "en attente". "Oui si", veut dire que l'équipe pédagogique (...) considère que le bachelier a besoin d'être accompagné de manière spécifique", a expliqué Frédérique Vidal. On pourrait par exemple proposer un parcours avec "plus de TD (travaux dirigés), plus de méthodologie ou davantage de temps pour mûrir son projet" a précisé la ministre. 

"L'élève aura toujours le dernier mot dans le choix de sa filière mais devra faire confiance à l'université et aux enseignants sur le chemin à parcourir" d’après Frédérique Vidal. 

Une université pourra refuser un étudiant

Une université pourra cependant décider de ne pas accepter un étudiant si le nombre de demandes excède encore le nombre de places disponibles.  

Par ailleurs, le gouvernement a annoncé des créations de places supplémentaires à l'université, dans les filières très demandées et dans celles qui assurent des débouchés professionnels.

Le gouvernement évoque aussi de nouvelles places dans des filières qui n'existent pas encore mais répondront à des demandes du marché de l'emploi. Il parle en plus de 3.000 places supplémentaires en BTS. 

Ce plan étudiant s’accompagne de mesures visant à améliorer le logement, le pouvoir d'achat et la santé des étudiants, avec notamment leur transfert sur le régime général de la Sécurité sociale. 

Pour l'UNEF, une sélection déguisée

"On est fortement opposé à ce projet de loi, c'est la mise en place d'une sélection à l'entrée de l'université", a expliqué sur France Info Lilâ Le Bas, présidente de l'UNEF. "Les étudiants seront classés et seront pris selon ce classement en priorité dans les filières sous tension. Des jeunes n'auront pas la place de leur choix dans l'enseignement supérieur et notamment à l'université.

D'après la représentante du principal syndicat étudiant, si le gouvernement ne parle pas de sélection, c'est parce qu'il "se cache derrière d'autres termes pour essayer de dire qu'il ne met pas en place une sélection à l'entrée de l'université. Pourtant, le projet de loi est assez clair quand on le lit", insiste Lilâ Le Bas. "Les établissements pourront refuser des bacheliers faute de places dans certaines filières, celles dites sous tension."

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