Une étude décrit avec précision les effets de l'amiante dans les cancers de femmes qui habitaient près d'une usine au Danemark

Tomodensitométrie thoracique montrant un mésothéliome dans un poumon
Tomodensitométrie thoracique montrant un mésothéliome dans un poumon © Radio France / CC Tdvorak

Au congrès mondial du cancer de Chicago, qui se termine ce mardi soir et qui a réuni pendant cinq jours les plus grands spécialistes de la planète, une étude danoise présentée en séance s’est penchée sur des cas de mésothéliomes recensés dans le nord du pays près d’une ancienne usine Éternit.

Le mésothéliome, c’est un cancer qui se développe dans une membrane qui protège les organes, la plèvre, le plus souvent, mais aussi le péritoine. On le savait déjà - mais l’étude le décrit avec précision - et cette fois sur une population féminine, alors que ça touche le plus souvent des hommes. L’amiante est bel et bien à l’origine de la plupart des cas.

C’est une équipe de l’hôpital d’Alborg dans la région danoise du nord Jutland qui s’est penchée sur la question. La région a abrité pendant 60 ans et jusqu’en 1986 une usine Éternit, le géant de l’amiante, ainsi que deux chantiers navals. Au fil des ans, on s’est rendu compte de l’existence d’un nombre particulièrement élevé de femmes atteintes de mésothéliome du péritoine. 1 sur 100.000, c’est-à-dire cinq fois plus que la norme habituellement rapportée.

Les médecins ont pris un panel dans la région de 91 femmes atteintes de ce cancer entre 1974 et 2015. Conclusion, pour 72% d’entre elles, le lien est clairement établi :

  • 8 d’entre elles ont travaillé directement à l’usine,
  • 14 avaient un mari dans l’usine qui revenait du travail chargé de poussières,
  • 18 n’avaient rien de tout cela mais habitaient dans un rayon de 10 kilomètres au tour de l’usine,
  • 26 d’entre elles combinaient mari à l’usine et proximité du site.
  • 18 n’avaient aucun lien personnel ou professionnel avec l’usine mais habitaient assez près de l'usine.

Ce que retient l’étude surtout, c’est donc ce taux relativement important de patientes qui n’avaient aucun lien personnel ou professionnel avec l’usine mais qui avaient le malheur d’habiter assez près. Un facteur jusqu’à présent assez peu pris en compte et qui concerne finalement une femme sur cinq dans cet échantillon.

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