"Discrets". "Travailleurs". "Bruce Lee". La vidéo diffusée par le collectif "Asiatique de France" dénonce les blagues et les idées reçues qui les visent

Capture d'écran du clip du collectif "Asiatiques de France"
Capture d'écran du clip du collectif "Asiatiques de France" © Capture d'écran

"Discrets, _t_ravailleurs". "Jacky Chan". ""Niakoué". Chinetoque". Autant de clichés, de surnoms auxquels s'attaque la page Facebook "Asiatiques de France" et le clip vu plus de 740 000 fois sur Facebook.

"Les Français d’origine asiatique sont des Français à part entière."

Dans ce clip, des personnalités comme la chanteuse Anggun, le cuisinier Pierre Sang ou encore le comédien Frédéric Chau. Mais aussi des artistes, sportifs, journalistes et anonymes dénoncent ces petites phrases, ces petits mots qui sonnent comme des blagues pour celui qui les prononce, mais comme de la discrimination pour celui qui les entend. Le clip rappelle le parcours des premières générations d'asiatiques arrivées en France : combattants pour la France, travailleurs forcés dans les campagnes , encore enfants des colonies ou boat people.

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Les clichés sur les asiatiques ont la vie dure. Rappelez-vous les sketch de Michel Leeb. Quand on demande aux passants si la communauté asiatique est victime de racisme, certains sont mitigés : "Je pense qu'il y a pas mal de moqueries, des blagues, ou dans certains spectacles humoristique. Après, si c'est du racisme pur et dur, ça... je ne sais pas." quand d'autres relaient eux-même ces clichés : "La plupart du temps les actes de racisme sont plutôt ciblés sur les Africains. Généralement la communauté asiatique se tient à l'écart, se tient à carreaux, reste entre elle."

"Qui dirait encore bougnoule et bamboula en ayant bonne conscience ?"

Hélène Lam Trong, la journaliste à l'origine de ce clip, a toujours été sensible aux discriminations envers la communauté asiatique. "Chinetoque, niakoué, sont encore des insultes très courantes au quotidien chez les adultes et les enfants : pourtant qui dirait encore bougnoule et bamboula en ayant bonne conscience ?

Dans le clip, on voit trois adolescents. Quand ils étaient petits, les surveillants les appelaient "ping-pong" ou "tching tchang tchong".

Pour Hélène Lam Trong, les Français d'origine asiatique, sont d'abord des Français, des travailleurs avant d'être des asiatiques. "Aujourd'hui l'enjeu c'est plus la visibilité que l'intégration même si les deux notions sont liées."

On ne peut pas se satisfaire de la discrétion et l'invisibilité pour parler d'une intégration réussie. Si un immigré c'est un immigré qu'on n'entend pas et qu'on ne voit pas. Moi je pense que c'est un problème.

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