Un "temps calme" en maternelle, un "temps pédagogique" et une minute de silence en élémentaire auront lieu à la rentrée des vacances de la Toussaint. Dans le secondaire, une minute de silence devra aussi avoir lieu ainsi qu'une lecture de la "Lettre aux instituteurs et institutrices" de Jean Jaurès.

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale.
Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale. © AFP / Alain Jocard

Jean-Michel Blanquer promet de ne pas laisser les enseignants dans le flou. Dans un entretien au Journal du dimanche, ce 25 octobre, il assure qu'il y aura bien un "cadrage clair" pour répondre aux inquiétudes sur la rentrée du 2 novembre et le discours à tenir aux élèves, après l'assassinat de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine. "Les organisations syndicales (...) m'ont demandé un cadrage clair et précis pour ne laisser aucun enseignant dans le flou. Ce cadre, nous allons le construire ensemble pour le jour de la rentrée, mais aussi dans la durée, dans le sens d'un renforcement des valeurs de la République", assure le ministre de l'Éducation nationale. 

Rentrée en "trois temps"  

La journée du 2 novembre, dans le secondaire, se décomposera en "trois temps", dit Jean-Michel Blanquer :

  • Une première phase permettra aux enseignants de se préparer, "ce qui décalera un peu l'horaire de rentrée des élèves" ;
  • un deuxième temps, avec les élèves, sera dédié à la réaffirmation des "principes de l'école et de la République"
  • une troisième étape réunira, dans la cour, élèves, professeurs et "partenaires de l'école" pour une minute de silence et la lecture de la "Lettre aux instituteurs et institutrices" de Jean Jaurès, lue lors de l'hommage à Samuel Paty.   

À l'école primaire, il y aura aussi "un temps pédagogique", dont les modalités doivent être discutées avec les syndicats et une minute de silence à l'école élémentaire, indique Jean-Michel Blanquer, évoquant un simple "temps calme" en maternelle.  

"Il faut donc retrouver cette règle d'airain : les parents ne se mêlent pas de pédagogie."

Le ministre a par ailleurs assuré que "tous les problèmes liés à la laïcité et à la violence" devaient à l'avenir être signalés et a formé le souhait que la mort de Samuel Paty permette "une prise de conscience collective". "Le problème vient aussi parfois des familles. Il faut donc retrouver cette règle d'airain : les parents ne se mêlent pas de pédagogie. Et toute agressivité d'un parent doit être suivie d'une réaction de l'institution", ajoute Jean-Michel Blanquer.

Le ministre a d'ailleurs défendu la réponse de l'institution dans le cas de Samuel Paty, dont le cours sur la liberté d'expression les 5 et 6 octobre créé des remous chez certains parents d'élèves. Le rapport de l'inspection générale de l'Education nationale sur "l'enchaînement des faits" sera rendu "en début de semaine prochaine" et versé au dossier d'instruction, a indiqué le ministre.

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