Une étude de Santé publique France s'est penchée sur la fréquence de l'asthme au sein des professions d'artisans et commerçants. Les chercheurs ont découvert de nouveaux métiers à risque.

L'asthme est une maladie dont on ne guérit pas, mais 95% des cas sont bien contrôlés.
L'asthme est une maladie dont on ne guérit pas, mais 95% des cas sont bien contrôlés. © Maxppp / Michèle Constantini

Boulanger et pâtissier sont connus comme étant des métiers où l'air vient parfois à manquer. Le risque d'y contracter de l'asthme y est deux fois plus élevé que dans l'administration d'entreprise, par exemple. Mais voilà, l'étude réalisée par Santé Publique France relève des taux élevés dans des secteurs où ce risque était jusqu'alors méconnu. 

Travailler dans un café-tabac, sur des marchés ou dans un parc d'attraction expose ainsi davantage à cette inflammation chronique des bronches. Les ambulanciers et monitrices d'auto-école ont 40 % plus de risque d'être asthmatiques qu'un administrateur d'entreprise. Ce taux est compris entre 20 % chez les hommes à 30 % chez les femmes qui conduisent un taxi.

En France, l'asthme touche 6 % de la population de 15 ans et plus. Dans environ 15  % des cas, des facteurs professionnels y contribuent

L'air intérieur plus pollué que l'air extérieur

Reste à interpréter ces résultats. L'étude ne tranche pas, mais émet deux hypothèses. La première : les asthmatiques boudent les professions où ils craignent l'essoufflement ou d'être exposés "à des poussières, gaz et/ou fumées", et s'orientent vers ces activités qu'ils pensent moins risquées. La seconde : l'exposition "à des substances irritantes", comme la farine chez les boulangers. Les commerçants sur les marchés ou les fêtes foraines, eux, sont plus exposés à la pollution atmosphérique et au froid. Pour les conducteurs de taxi ou les monitrices d'auto-écoles, il pourrait s'agir des gaz d'échappement. Chez les ambulanciers, ce sont lesproduits de nettoyage (stérilisation) qui pourraient être en cause. 

Ces résultats ne surprennent pas Bertrand Dautzenberg. Selon le pneumologue de l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, "l'air est souvent plus propre dans la rue que dans l'habitacle des voitures". À l'aide de capteurs, une étude d'Airparif réalisée en région parisienne a pu démontrer qu'il y avait "deux fois de pollution dans la voiture que sur le trottoir". En effet, "les voitures sont construites pour prendre l'air devant et en bas, à l'endroit où le pot d’échappement de la voiture de devant libère ses produits toxiques". Le pneumologue conseille donc aux personnes qui travaillent dans leur véhicule de "ne pas mettre le recyclage d'air et d'avoir des filtres intérieurs efficaces", même si cela n'empêchera pas l'ozone de s'y faufiler. 

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