Le suspect principal de l'attaque au couteau de boucher contre deux personnes qui se trouvaient au pied de l'ancien siège de Charlie Hebdo, a enregistré une vidéo avant de passer à l'acte.

Fresque représentants l'équipe de Charlie Hebdo victime de l'attentat de janvier 2015
Fresque représentants l'équipe de Charlie Hebdo victime de l'attentat de janvier 2015 © AFP / .

Cette vidéo en cours d'authentification a circulé hier sur les réseaux sociaux et sur les images que France Inter a pu voir, un jeune homme habillé de blanc, sur fond blanc, parle en ourdou face à la caméra.  Il alterne discours et chant a cappella, avec des larmes dans la voix. 

Selon nos informations, il y dit sa tristesse face aux caricatures du prophète Mahomet. (Elles ont été republiées à l'occasion du procès actuellement en cours). Mais l'auteur de cette vidéo ne semble pas annoncer de passage à l'acte, ni se revendiquer d'une organisation terroriste. Il ignorait que le journal satirique avait déménagé de la rue Appert dans le XIe arrondissement de Paris.

Sur le scénario de l'attaque, on semble donc se diriger vers l'acte d'un homme seul, mais les enquêteurs cherchent à vérifier s'il a pu bénéficier de complicités. 

Les enquêteurs s'intéressent tout d'abord à l'identité de celui que le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard a qualifié dès vendredi d'"auteur principal" de l'attaque qui a fait deux blessés graves devant les anciens locaux de Charlie Hebdo : cet homme serait âgé de 18 ans, né à Mandi Bahauddin, au Pakistan.  Inconnu des services spécialisés sous cette identité, l'homme parle un peu le français, mais bénéficie d'un traducteur en ourdou pour sa garde à vue", selon une source proche de l'enquête.

Entré en France encore mineur, il y a trois ans, il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance dans le Val-d'Oise jusqu'à sa majorité en août dernier, et il n'aurait présenté "aucun signe de radicalisation", selon le conseil départemental.  Il avait fait l'objet d'un rappel à la loi en juin pour le port d'une arme blanche, un tournevis. De source proche de l'enquête, il envisageait de se lancer dans une formation aux métiers du bâtiment.

Sept autres personnes sont actuellement en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur l'attentat du 25 septembre.