Ségolène Royal ministre des Transports teste les portiques de la gare du Nord à Paris
Ségolène Royal ministre des Transports teste les portiques de la gare du Nord à Paris © MaxPPP

Sept portiques sont installés sur les quais des Thalys et des TGV Nord, gare du Nord à Paris. C’était la promesse du gouvernement, après les attentats de Paris, le 13 novembre dernier et l’attaque ratée sur le Thalys, fin août. La ministre des Transports a testé le dispositif jeudi. Il entrera en fonction dimanche 20 décembre, pour les vacances de Noël . La gare Lille Europe sera également équipée, car les Thalys vers la Belgique et les Pays-Bas y font étape.

Le dispositif a été mis en place très rapidement : les machines ont servi il y a une semaine, pour filtrer les entrées de la COP 21. Ségolène Royal évoque déjà la généralisation des portiques dans les gares de France si le processus fonctionne bien dans la capitale. Mais pour la Fédération nationale des associations d’usagers et de transports, c’est « irréaliste » et cela ralentira l’embarquement des voyageurs et la circulation des trains.

Marion L'Hour a assisté au test des portiques avec la ministre :

Les mêmes portiques que dans les aéroports

Les pièces, les clés ne sonnent pas. Il suffit d’ouvrir son manteau et de déposer son sac. Une personne contrôle les contenus, derrière un ordinateur. Chaque passage, chaque vérification ne prend que quelques secondes, assure la SNCF. L’objectif est de faire passer 700 personnes en 20 minutes.

Le directeur général du fabricant HTDS :

C’est strictement les mêmes systèmes que vous avez dans les aéroports. Les menaces ne sont pas les mêmes donc on adapte effectivement le paramétrage des machines pour optimiser le flux, la sensibilité, la détection et effectivement s’assurer qu’on embarque bien à l’heure. Donc si vous partez avec votre pique-nique, on embarque pas votre fourchette.

HTDS forme aussi les 40 à 50 personnes pour encadrer le système.

Des portiques à 5 millions d’euros

Et pour financer le dispositif de sécurité, peut-être y aura-t-il une taxe sur les billets de train ? Non, répond la ministre des Transports, Ségolène Royal :

Ce n’est pas à l’ordre du jour. Le dispositif sera financé. De toute façon, l’entreprise a un service de gestion. La sécurité, ça ne coûte pas forcément plus cher.

Pour l’instant, c’est la SNCF qui prend en charge le surcoût : 2,5 millions d’euros par quais et par an selon l’entreprise ferroviaire, frais de personnel inclus , sur un budget sécurité total de 400 millions d’euros.

Fouilles, palpations, comportements étranges

Une proposition de loi sur la sécurité dans les transports est également en cours d'examen à l'Assemblée. Elle permettrait aux agents de sécurité SNCF et RATP de procéder à des palpations de sécurité ou de fouiller des bagages, avec l'accord des passagers.

A l'entrée du quai d'un Thalys, gare du Nord à Paris
A l'entrée du quai d'un Thalys, gare du Nord à Paris © Radio France / Marion L'Hour

Le secrétaire général de la SNCF, Stéphane Volant, a également annoncé mercredi l’expérimentation de nouvelles technologies pour détecter les bagages ou les comportements suspects. Parmi elles, un logiciel d'analyse comportementale qui pourrait être intégré aux 40.000 caméras de surveillance de la SNCF. Il est fondé "sur le changement de température corporelle, le haussement de la voix ou le caractère saccadé de gestes qui peuvent montrer une certaine anxiété " a expliqué Stéphane Volant, même si la mesure sera d’abord testée afin de voir si elle ne suscite pas l’opposition des voyageurs.

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