Tous les adolescents de 12 à 18 ans pourront être vaccinés en France dès ce mardi 15 juin. Le vaccin ne sera pas obligatoire mais il est conseillé par les autorités de santé.

Les ados sont déjà vaccinés dans certains pays comme ici en Allemagne, où il est préconisé de ne vacciner que les ados fragiles. En France, la vaccination des 12-18 ans démarre le 15 juin
Les ados sont déjà vaccinés dans certains pays comme ici en Allemagne, où il est préconisé de ne vacciner que les ados fragiles. En France, la vaccination des 12-18 ans démarre le 15 juin © AFP / OLIVER BERG / DPA Picture-Alliance

À partir de ce mardi 15 juin, la vaccination est ouverte aux jeunes de 12 à 18 ans en France. Cinq millions d'enfants et adolescents sont concernés.

Consentement des deux parents obligatoire et présence nécessaire d'un des deux

Comme l'a confirmé le directeur général de la Santé Jérôme Salomon ce lundi sur RTL, les deux parents doivent donner leur accord pour la vaccination contre le Covid-19 des adolescents.

Pour donner leur consentement, les parents doivent télécharger l'attestation en ligne sur le site du ministère de la Santé.

En revanche, la présence d'un seul est requise lors de l'injection.

Quel vaccin ? 

Pour l'instant, seul le vaccin de Pfizer/BioNTech, a obtenu le feu vert des autorités sanitaires pour être utilisé chez les mineurs. Il peut être administré dès 12 ans aux États-Unis, au Canada et dans les 27 pays de l'Union européenne. De son coté, la société de biotechnologies américaine Moderna a déposé la semaine dernière une demande d'autorisation pour vacciner les moins de 18 ans avec son vaccin à ARN messager auprès de l'Agence européenne des médicaments (EMA), de Santé Canada et de la FDA américaine. Le vaccin de Moderna n'est pour le moment autorisé que pour les personnes de 18 ans et plus. Moderna avait annoncé fin mai les résultats d'essais cliniques sur plus de 3 700 participants âgés de 12 à 17 ans aux États-Unis.

Aucun cas de Covid-19 n'a été observé chez les participants ayant reçu les deux doses du vaccin de Moderna contre le Covid-19, soit une efficacité de 100 % selon l'entreprise.

Pourquoi vacciner les ados ? 

Les adolescents développent en général des formes moins graves du Covid-19. Certains parents ont par conséquent du mal à admettre que vacciner leur enfant est utile.

En réalité, les adolescents ne sont pas à l'abri d'une infection et participent à la transmission du virus au sein de la population. C'est pourquoi leur immunisation est nécessaire afin de contribuer à stopper l'épidémie selon les experts.

"La vaccination a déjà commencé dans certains centres et on a vu que c'était extrêmement simple, très bien accepté par les adolescents, qui sont force de conviction. Ce sont eux qui ont le plus souffert de cette épidémie et beaucoup d'ados sont des ambassadeurs de la vaccination", selon Jérôme Salomon, directeur général de la Santé.

La vaccination représenterait un bénéfice individuel sur le plan psychologique et social, en évitant les fermetures de classes et d’établissements à la rentrée. La vaccination des adolescents peut aussi présenter un bénéfice indirect, quand elle permet de protéger leurs proches immunodéprimés ou vulnérables. Enfin, le bénéfice peut être collectif : celui de parvenir à une immunité collective.

Comment ça se passe ailleurs ? 

  • Aux États-Unis, 3,6 millions d’adolescents âgés de 12 à 15 ans ont déjà reçu une injection et 1,1 million sont entièrement vaccinés. Outre-Atlantique, des essais cliniques sont maintenant en cours chez les enfants de 5 à 12 ans en vue d’une autorisation à l’automne, qui pourrait ensuite être étendue aux bébés de 6 mois et plus.
  • Au Canada aussi, les ados sont vaccinés en nombre.
  • En Allemagne en revanche, où la vaccination des ados a débuté le 7 juin dernier, la commission vaccinale allemande (Stiko) a recommandé jeudi 10 juin de limiter la vaccination contre le Covid-19 des jeunes de 12 à 17 ans à ceux souffrant déjà de pathologies et pouvant ainsi développer des formes graves du nouveau coronavirus.

Avant cette recommandation, le gouvernement d'Angela Merkel avait annoncé l'ouverture de la vaccination, à partir du 7 juin, à tous les adolescents avec l'objectif que des doses soient proposées à tous avant la rentrée scolaire.

Cette décision avait suscité des réserves de médecins jugeant les études cliniques menées auprès de cette population encore relativement restreintes. D'autres spécialistes avaient jugé préférable de continuer à vacciner en priorité tous les adultes, compte tenu du nombre encore limité de doses disponibles. Le Stiko recommande dans un communiqué des injections de vaccins à ARN messager aux "enfants et adolescents présentant des pathologies préexistantes, en raison d'un risque supposé accru d'évolution sévère de la maladie Covid-19".