Les personnels de direction des établissements scolaires constatent notamment une dégradation des relations avec les parents d'élèves, selon une étude publiée ce mardi.

Quelque 3.000 personnels de direction ont été interrogés dans le cadre de cette enquête
Quelque 3.000 personnels de direction ont été interrogés dans le cadre de cette enquête © Maxppp / Christophe Morin

Ce mardi, Georges Fotinos, ancien inspecteur de l'Education nationale et auteur de plusieurs enquêtes sur le climat solaire, et José Mario Horenstein, médecin psychiatre, dévoilent les premiers résultats d'une enquête qu'ils ont menée pour le compte de la banque coopérative Casden auprès de 3.000 principaux et proviseurs, adjoints ou non.

Les personnels de direction sont globalement satisfaits de l'intérêt de leur travail (pour 8 sur 10 d'entre eux), de l'utilisation de leurs compétences (pour 7 sur 10) et du soutien de leur hiérarchie (un sur deux). Mais grâce à une comparaison avec les résultats de la même enquête en 2007 et en 2003, les deux chercheurs montrent que le moral s'est globalement dégradé, en raison de plusieurs facteurs.

Relations difficiles avec les parents

Le plus préoccupant, c'est la relation des chefs d'établissements avec les parents d'élèves. Pour un sur trois elle s'est dégradée, alors qu'en 2003 ils n'étaient qu'un sur dix à ressentir une dégradation. Au total, 53% des Perdir (personnels de direction des collèges et lycées) estiment que les différends avec les parents sont en augmentation.

Fatigue et manque d'évolutions

Autre phénomène inquiétant : les agressions sont en hausse, selon cette enquête. Au cours de l'année 2015-2016, 50% des proviseurs, principaux et leurs adjoints disent avoir été insultés. En 2010, ce chiffre n'était que de 39,5%. Quand au harcèlement, il a touché 23% de ces personnels en 2015-2016 (contre 12% en 2010).

Conséquence : 46% des chefs d'établissement se plaignent de lassitude physique. Et un sur quatre est en situation d'épuisement professionnel, dont 14% ont été déclarés en burn-out clinique.

Globalement, le moral des chefs d'établissement apparaît donc en baisse : ils sont 6 sur 10, parmi les 3.000 qui ont répondu à l'enquête, à indiquer que leur moral est moyen voire mauvais (5 sur 10 en 2007), et 54% à affirmer que leur moral s'est dégradé par rapport à la précédente enquête (45% en 2007). Difficulté supplémentaire : un sentiment d'évolution professionnelle de plus en plus limitée, notamment pour ce qui est des perspectives de mobilité interne : 70% des Perdir s'en disent insatisfaits, alors qu'ils n'étaient que 40% en 2007.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.