Au festival du film indépendant de Sundance dans l'Utah (Etats-Unis), les violences policières à l'encontre des Afro-américains sont au cœur de plusieurs films. Le mouvement Black lives matter, créé il y a quatre ans a marqué les cinéastes américains.

Reinaldo Marcus Green, réalisateur de Monsters and men
Reinaldo Marcus Green, réalisateur de Monsters and men © Radio France / Valérie Cantié

Le sujet est sensible aux Etats-Unis, car il divise. Et pourtant, plusieurs réalisateurs s'intéressent aux violences policières contre les noirs. Des dizaines d'affaires se sont produites ces dernières années à travers tout le pays, avec le même constat : l'impunité quasi systématique des policiers ayant tiré sur des personnes non armées. Dans la majorité des cas, des noirs sont les victimes de ces bavures. 

La police tue environ chaque année 1 000 personnes. Parmi elles, 20% sont noires. 

Selon les statistiques de The count, publiées par The Guardian, les jeunes noirs de 15 à 34 ans présentent neuf fois plus de risques que toutes les autres personnes de se faire tuer par la police. 

ALLER PLUS LOIN : les portraits de certaines victimes noires de violences policières (sur CNN.com)

Plusieurs points de vue dans un seul film

Le film Monsters and men (des monstres et des hommes) présente l'un de ces faits divers à travers le point de vue des militants pour la cause des noirs, mais aussi à travers le point de vue   du témoin qui a filmé le meurtre avec son téléphone portable, et enfin à travers le point de vue de policiers eux-mêmes, y compris un policier noir interprété par John David Washington, le fils de l'acteur Denzel Washington. 

Le réalisateur Reinaldo Marcus Green, lui même fils de policier, a voulu faire un film à plusieurs niveaux d'analyse. Mais au final, son souci de voir les Afro-américains sans arrêt discriminés ne fait aucun doute :

"Ce film c'est ma manière de protester. Quand on grandit à New York comme moi, qu’on est noir comme moi, on est sans arrêt contrôlé par la police… on vit ça tous les jours. Ce film parle de ça. Maintenant la question est de savoir comment continuer  à en parler?  comment s’assurer qu’on ne va pas passer ces affaires sous silence ? qu’on ne va pas se dire "oh j’ai déjà vu cette histoire". Car  les gens oublient … et se demandent si ça s’est passé en Caroline du Sud ou à Baton Rouge. Car en fait ça arrive partout tout le temps…"

La controverse Black lives matter

Au festival de Sundance, l'actrice Chante Adams du film Monsters and men
Au festival de Sundance, l'actrice Chante Adams du film Monsters and men © Radio France / Valérie Cantié

Chante Adams, l’une des actrices de Monsters and men soutient également Black lives matter. Accusé de violence, le mouvement divise aujourd'hui aux Etats-Unis. 

ALLER PLUS LOIN : Nuit d'émeutes à Ferguson après la relaxe d'un policier

"Le mouvement a une mauvaise image aux yeux de certains juste parce qu’ils n’en comprennent pas la signification et l’objectif… ce n’est pas un mouvement qui promeut la haine. Nous prônons simplement l’égalité et aspirons aux même droits pour tous"

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