Ce samedi, Emmanuel Macron a passé une partie de sa journée au Salon de l'Agriculture, à Paris. Après un discours essentiellement axé sur l'avenir de la politique agricole européenne, il a répondu aux agriculteurs inquiets, mais aussi à des visiteurs aux préoccupations bien différentes.

Emmanuel Macron au salon de l'Agriculture, ce 23 février, à Paris
Emmanuel Macron au salon de l'Agriculture, ce 23 février, à Paris © AFP / Julien DE ROSA / POOL

C'est un incontournable pour le président de la République : l'inauguration du Salon de l'Agriculture. Et ce samedi, Emmanuel Macron n'y a pas coupé. Et à quelques semaines du Brexit et des élections européennes, c'est sous le signe de la politique agricole européenne que le chef de l'Etat a placé son discours de près d'une heure, prononcé devant quelque 500 personnes. 

"L'Europe agricole (...) est aujourd'hui menacée, elle l'est depuis l'extérieur par des grandes puissances qui n'hésitent plus à adopter des stratégies offensives pour imposer leurs normes et leurs standards", mais aussi "de l'intérieur parce que ceux qui prétendent que la PAC serait imparfaite, qu'elle n'est pas leur priorité, voudraient la renationaliser, voudraient une PAC réduite aux acquêts", a expliqué Emmanuel Macron, alors que le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, et le négociateur du Brexit, Michel Barnier, étaient dans l'assemblée

"Si nous cédons à l'esprit de division, alors dans cinq, dix, quinze ans, nous ne pourrons plus garantir une alimentation saine, traçable".

"Je sais que plusieurs filières aujourd'hui craignent un contexte changeant, je sais que nos pêcheurs craignent les effets du Brexit", a déclaré Emmanuel Macron, qui assure que la France défendra ses intérêts "avec force face à ces changements subis". L'arrivée du Brexit et, à terme, de la fin de l'union douanière, inquiète la filière agro-alimentaire française dont le Royaume-Uni est le troisième client. 

Pour le Président, le prochain budget de la PAC, actuellement en négociation à Bruxelles, "doit traduire les conséquences du Brexit, mais pas plus, pas pour un euro de plus", et doit remplir des objectifs de protection des agriculteurs et des commerçants, de transformation écologique et d'anticipation en vue du renouvellement des générations. Emmanuel Macron a également rappelé que la France resterait opposée à un accord avec les États-Unis qui ne respecterait pas les standards européens "environnementaux, sanitaires et sociaux". 

Des visiteurs mais pas de "gilets jaunes"

A la suite de son discours, Emmanuel Macron a parcouru les allées du salon est et allé à la rencontre du public. Il y a rencontré de nombreux éleveurs qui ont fait part de leurs inquiétudes. "C'est très difficile pour mon mari au quotidien", lui dit une épouse d'éleveur dont le mari n'a pas pu venir, faute de personnel pour s'occuper de son exploitation. Aux jeunes agriculteurs, il affirme : 

"Je suis le premier à dénoncer les problèmes, mais il faut que vous, la jeunesse, soyez dans un état d'esprit positif, sinon on est forcément foutus" 

Mais les agriculteurs ne sont pas les seuls à avoir alpagué le Président : un retraité handicapé, muni de sa feuille d'assurance retraite, ou encore un immigré tunisien, infirmier de profession, lui ont fait part, avec beaucoup d'émotion voire en pleurs, de leur situation difficile. "Vous avez droit à plus que ce que vous touchez là", répond-t-il au premier ; "Continuez à travailler", dit-il au second. 

Seuls grands absents de la journée : les "gilets jaunes". Alors qu'il avait annoncé qu'il viendrait au salon pour rencontrer le Président, l'un des leaders du mouvement, Eric Drouet, n'a pas pu approcher le chef de l'Etat - il a donc finalement rejoint les manifestations à Paris. Un autre "gilet jaune" a été écarté alors qu'il tentait de brandir un fameux gilet parmi la foule. 

L'année dernière, Emmanuel Macron avait passé douze heures sur le salon. "Je resterai le temps qu'il faut", a-t-il promis ce samedi. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.