Le gouvernement a annoncé jeudi qu'il demandait 190 millions d'économies à l'audiovisuel public et que la chaîne France Ô allait disparaître de la TNT comme France 4.

Radio France et France Télévision devront économiser 180 millions d'euro
Radio France et France Télévision devront économiser 180 millions d'euro © valeria emanuele

C'est l'habituelle méthode du ballon d'essais. Depuis plusieurs mois la presse "informée" annonçait les purges les plus sévères pour l'audiovisuel public. Il y a encore deux jours on parlait de 400 millions. Quand le communiqué du premier ministre est tombé, annonçant "seulement" 190 millions d'euros d'économies demandées au secteur d'ici 2022, certains ont pu considérer que finalement ce n'était pas si grave.

Mais ces coupes demandées à l'audiovisuel public (160 millions d'euros  pour France Télévisions par rapport au budget 2018, 20 millions pour Radio France et 10 millions  pour Arte, Ina, TV5 Monde et France Médias Monde) sont un effort d'autant plus important d'autant qu'elles s'ajoutent à une demande du gouvernement de production de nouveaux contenus. 

L'audiovisuel public devra ainsi investir 150 millions d'euros dans le numérique sur la période (contre environ 80 millions actuellement), sans compter la hausse mécanique de certaines charges (hausse des salaires, inflation...)

Pour autant, les investissements dans la création ne devront pas baisser (560 millions d'euros pour France Télévisions et Arte) et France 3 devra tripler les heures de programmation régionale sans un sous de plus. Pour y arriver, le gouvernement demande à Radio France et France Télévision de procéder à des rapprochements entre France 3 et France Bleu, le réseau de Radios locales de Radio France.

Des économies ? Pas sur…

Le gouvernement annonce donc des expérimentations territoriales "menées dès la rentrée 2018 dans des régions test : Bretagne, Franche-Comté, Hauts-de-France, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur". Cela va d'émissions politiques ou sportives en commun, à des projets beaucoup plus compliqués à mettre en œuvre que sont les matinales de France Bleu filmées par France 3. Contrairement à ce qui avait été annoncé dans un premier temps, le choix se serait porté sur Nice et Toulouse et non plus sur Paris et Aix-Marseille.

Ces "expérimentations" et ces "rapprochements" auront un coût. La contribution au fonctionnement de franceinfo: télévision, coûte par exemple à Radio France plus de 4 millions par an.

Plus ou moins d'ultramarins ?

La ministre de la Culture Françoise Nyssen avait ouvert en juin une réflexion sur l'avenir de France Ô. Malgré la motion adoptée à l'unanimité par la délégation aux Outre-mer de l'Assemblée nationale pour le maintien de la chaîne sur la TNT et la pétition en ligne des salariés de France Ô qui a recueilli près de 60 000 signatures, le gouvernement a tranché au profit d'une "juste place de la représentation des territoires et des habitants ultramarins au sein de l'audiovisuel public, par une intégration au sein de la programmation de l'ensemble des autres chaînes de France Télévisions". C’est-à-dire des programmes traitant de l'Outremer à des heures de grande écoute sur France 2 et France 3.

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