Des élus Les Républicains, mais aussi une élue LREM, ont quitté ce jeudi avec fracas une audition à l'Assemblée nationale. En cause : le port du hijab par la vice-présidente de l'Unef. Pourtant, aucun règlement n'interdit le port de signes religieux pour une personne auditionnée.

La députée LREM Anne-Christine Lang a estimé que le port d'un hijab dans cette circonstance était "incompatible" avec ses "valeurs".
La députée LREM Anne-Christine Lang a estimé que le port d'un hijab dans cette circonstance était "incompatible" avec ses "valeurs". © Capture d'écran

Des députés Les Républicains et une députée LREM ont quitté ce jeudi une audition à l'Assemblée nationale pour protester contre la présence d'une syndicaliste étudiante voilée. La scène s'est produite dans le cadre de la nouvelle commission d'enquête sur la Covid-19 et la jeunesse, alors que les parlementaires participaient à l'audition de représentants de syndicats étudiants.

Pourtant, rien n'interdit à une femme voilée d'auditionner : "Aucune règle n'existe et n'empêche d'auditionner une femme voilée", fait ainsi savoir à France Inter un administrateur à l'Assemblée nationale. D'ailleurs, précise-il, "rien dans le règlement ne fait obstacle à une quelconque tenue pour une audition."

Après la prise de parole des syndicalistes, le député LR du Pas-de-Calais Pierre-Henri Dumont, faisant un "rappel au règlement", s'est ainsi offusqué du voile porté par la vice-présidente de l'Unef, Maryam Pougetoux, en estimant qu'il s'agissait d'un "acte communautariste délibéré" qui enfreignait "le principe de laïcité auquel doit s'astreindre notre assemblée". Argument contesté par la présidente de la commission, l'élue LREM de Haute-Garonne Sandrine Mörch, qui a déploré un "mauvais procès" en rappelant également qu' "aucune règle n'interdi(sait) le port de signe religieux pour les personnes auditionnées"

Le port du hijab "incompatible" avec les "valeurs" d'une députée LREM

Mais les députés Les Républicains qui ont quitté la salle ont été rejoints par une député LREM : Anne-Christine Lang, pour laquelle le "port du hijab" est "incompatible" avec ses "valeurs".  

"Merci pour votre éclairage et la diversité de vos appréciations et de vos points de vue, qui seront riches d’enseignements pour la poursuite de nos travaux", a t-elle commencé, avant de poursuivre : "Je vais néanmoins quitter cette réunion. En effet, je ne peux accepter qu’au sein de l’Assemblée nationale, le cœur battant de la démocratie, où règnent les valeurs fondatrices de la République dont la laïcité, nous acceptions qu’une personne se présente en hijab devant une commission d’enquête."

"En tant que députée et féministe, attachée aux valeurs républicaines, à la #laïcité et aux #droitsdesfemmes, je ne peux accepter qu'une personne vienne participer à nos travaux à l'#AN en hijab, qui reste pour moi une marque de soumission", a-t-elle complété dans un tweet, accompagné de la vidéo de sa tirade :

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En 2018, Anne-Christine Lang avait déjà partagé sur Twitter une tribune du Figaro qui pointait "une forme d'entrisme dans le monde universitaire et syndical", en se basant sur l'exemple de Maryam Pougetoux. "Sans doute un des meilleurs articles sur le sujet", jugeait alors Anne-Christine Lang. 

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Maryam Pougetoux, la vice-présidente de l'Unef, avait été au cœur d'une polémique en 2018 lorsque plusieurs personnalités politiques, dont Marlène Schiappa, alors secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, avaient critiqué le syndicat étudiant de gauche pour avoir désigné une étudiante voilée comme porte-parole.