Le confinement n’a épargné personne, pas même un petit coin de paradis au large du Finistère : l’archipel des Glénan et sa célèbre école de voile, la plus grande d’Europe avec des milliers de jeunes et d’adultes accueillis chaque année sur ces îles. L’école est aujourd’hui à l’arrêt et sans horizon de reprise.

L'école de voile accueille chaque année des milliers de stagiaires  dans ces îles célèbres pour ses eaux turquoises et ses plages de sable blanc. Mais le confinement a mis fin à ses activités.
L'école de voile accueille chaque année des milliers de stagiaires dans ces îles célèbres pour ses eaux turquoises et ses plages de sable blanc. Mais le confinement a mis fin à ses activités. © Radio France / Jérôme Val

La reprise n'est toujours pas programmée pour l’école de voile des Glénan. Pour la première fois depuis le confinement, les responsables de l’école sont retournés lundi sur place. 

Débarquer sur l’île de Drénec, la plus à l’ouest de l’archipel, c’est comme pénétrer dans un village fantôme. Personne n’est venu depuis le mois de septembre. L’herbe a tout envahi sur ce petit confetti posé sur des eaux turquoise, on distingue à peine les bateaux retournés sur le sol. Le terrain de football a disparu.

Les goélands sont en pleine période de nidification
Les goélands sont en pleine période de nidification © Radio France / Jérôme Val

C’est une chorale de goélands qui nous accueille : des oiseaux qui ont profité de l’absence humaine. "Ils ont pris place sur l’île et ils sont bien installés", explique Olivier Sanz, directeur adjoint de la base de  l’école de voile des Glénans à Concarneau. "On est en période de nidification, ils ne protègent pas encore leurs petits mais leur nid".  

Avec le confinement à la mi-mars, les Glénan célèbres pour leurs plages de sable blanc, ont retrouvé leur état sauvage. À cette époque de l’année pourtant, cet archipel à quelques encablures de la cité corsaire de Concarneau, devrait vivre au rythme des stages de voile. Tom Daune est le délégué général de l’école des Glénans : "En arrivant sur l’archipel, on devrait voir des voiles colorées un petit partout dans le lagon. À ce moment-là de l’année, on devrait héberger 150 personnes sur les îles, ce qui ferait une centaine de bateaux sur l’eau." Mais là, rien.  

Le spectacle, à terre, est le même sur la grande île de Penfret où l’école de voile possède trois sites pour l’hébergement des stagiaires (l’école en possède six au total sur l’ensemble de ce chapelet d’îles). Les dortoirs sont fermés, les volets bleus du réfectoire sont clos. Au plus fort de l’été, il peut y avoir jusqu’à 220 personnes par semaine. Pour Olivier Sanz, c’est impossible à envisager cette année. "C’est quasiment sûr que pour la saison, on ne pourra pas accueillir les stagiaires comme d’habitude sur un site comme celui-ci. Il faudra réduire l’effectif. On ne sait pas de combien, on ne sait pas comment."  

Les dortoirs sont fermés, les volets bleus du réfectoire sont clos. Au plus fort de l’été, il peut y avoir jusqu’à 220 personnes par semaine
Les dortoirs sont fermés, les volets bleus du réfectoire sont clos. Au plus fort de l’été, il peut y avoir jusqu’à 220 personnes par semaine © Radio France / Jérôme Val

Aucune activité n’a pu démarrer

Les catamarans reposent par dizaines dans l’herbe et l’horizon est loin d’être dégagé. Aucune date n’est encore définie pour la reprise, même s’il est possible de s’inscrire pour des stages. "Il faut maintenant imaginer le cadre dans lequel l’activité nautique peut se dérouler", détaille Tom Daune qui espère une reprise de l’activité à la fin du mois de juin. "Mais ça concerne aussi l’hébergement et la restauration sur un site insulaire. Il faudra jouer sur des propositions qui touchent à la densité, c’est-à-dire moins de personnes accueillies, être en dessous des capacités théoriques d’accueil. Tous ces petits détails qui font un stage et une pratique nautique devront prendre en compte la distanciation sociale."  

L’association, créée en 1947, veut profiter de cette crise pour affirmer encore plus fort son rôle : la mer et la voile comme un rempart contre les inégalités. Et cette période difficile doit être un moment à saisir, veut croire Tom Daune, pour "montrer que les Glénan ont un rôle à jouer à la sortie de ce confinement et de cette crise qui exacerbe les inégalités. Les Glénan peuvent être une partie de la solution pour une reconstruction collective." 

les Glénans célèbres pour leurs plages de sable blanc, ont retrouvé leur état sauvage
les Glénans célèbres pour leurs plages de sable blanc, ont retrouvé leur état sauvage © Radio France / Jérôme Val

L’école de voile va d’ailleurs proposer des tarifs particuliers en fonction des revenus des familles et veut aussi proposer des stages spécifiques pour les personnels soignants qui ont été en première ligne dans la lutte contre le Covid.  En attendant, l’école qui accueille chaque année 15 000 stagiaires  voit la moitié de la saison 2020 tombée à l’eau. Une crise qui va "fragiliser" l’association, selon ses responsables.

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