[scald=18023:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Eva Joly a l'avantage sur Nicolas Hulot après le dépouillement des premiers bulletins de vote de la primaire des écologistes français visant à désigner leur candidat pour la présidentielle de 2012, selon les deux camps.

Après dépouillement mardi soir des deux-tiers du vote par correspondance, l'ancienne juge obtient plus de 50%, contre environ 30% à Nicolas Hulot, le reste des suffrages allant aux deux petits candidats, l'élu alsacien Henri Stoll et le militant anti-nucléaire Stéphane Lhomme.

Ce premier dépouillement ne porte cependant que sur les votes par correspondance, soit environ 10.000 des 25.000 votants. Le résultat des autres votes, effectués par internet, sera divulgué uniquement mercredi par "ouverture" de l'urne électronique.

Le résultat officiel global doit être annoncé mercredi à 17h00 par la secrétaire nationale Cécile Duflot au siège parisien du parti. Si aucune candidat n'obtient la majorité absolue, un vote de second tour se déroulera jusqu'au 12 juillet.

Cette élection, ouverte à tous les citoyens qui souhaitent y participer, et non pas seulement aux militants et sympathisants d'Europe Ecologie-Les Verts, est une première dans l'histoire politique du pays.

Sur 32.896 inscrits, dont environ la moitié sont de "simples citoyens" ayant payé au moins 10 euros et signé une charte de valeurs écologistes pour voter, 10.000 ont voté par correspondance et 15.000 par internet, soit un taux de participation de 75%, selon de premières évaluations.

L'ancien animateur de télévision Nicolas Hulot, 56 ans, favori du fait de sa notoriété, fait face à l'ex-juge Eva Joly, à l'élu alsacien Henri Stoll et au militant anti-nucléaire Stéphane Lhomme.

Les écologistes, humiliés en 2007 avec Dominique Voynet (1,57%), rêvent cette fois d'une percée dans la foulée des 16,28% des européennes de 2009, sur fond de remise en question mondiale du nucléaire. Des discussions sont déjà ouvertes avec le Parti socialiste sur un éventuel accord.

Les contestations, formulées notamment par Eva Joly et Stéphane Lhomme, portent sur plusieurs points.

Le mode de vote par internet, dont la gestion a été sous-traitée à une société privée, filiale de la Poste, est mis en cause par Stéphane Lhomme, d'autant que cette méthode avait été écartée ces derniers mois pour l'élection des instances du parti. Stéphane Lhomme dit penser notamment que cette méthode n'offre aucune garantie de sécurité.

Les équipes Joly et Lhomme font par ailleurs part de leurs soupçons sur l'arrivée dans le parti de 700 personnes présentées comme des anciens adhérents du Mouvement écologiste indépendant (MEI) d'Antoine Waechter, alors que selon eux, ce parti ne comptait pas plus de 150 adhérents. Antoine Waechter soutient Nicolas Hulot.

Des débats vifs ont par ailleurs été suscités par le fait que plusieurs milliers de personnes venus s'inscrire en ligne pour participer au scrutin aux côtés des militants n'ont pas présenté de justificatifs d'identité.

Thierry Lévêque, édité par Gérard Bon

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