Ils sont généralement très investis dans la vie publique française, mais les élus municipaux britanniques pourraient ne plus pouvoir poursuivre leur mandat au delà de 2020. En cas de Brexit, ils perdront la citoyenneté européenne et seront donc inéligibles.

La porte d'entrée de la mairie de Saint Léonard dans le Gers. 183 habitants
La porte d'entrée de la mairie de Saint Léonard dans le Gers. 183 habitants © Radio France / Vanessa Descouraux

Pour devenir maire ou adjoint en France, il faut avoir la nationalité française. Mais pour simplement voter ou être conseiller municipal, il suffit d'être Européen. Ainsi, 900 Britanniques sont élus municipaux dans l'hexagone. Beaucoup d'eux vivent en Bretagne, souvent depuis longtemps et dans des villages où ils sont investis. Ils participaient déjà à la vie associative avant d'être élus.

Maître des tire-bouchons

Tim Richardson l'apprécie, son mandat. Viticulteur à Eymet, en Dordogne, depuis 13 ans, il est conseiller municipal depuis 2014.  "Je suis délégué Fêtes et Cérémonies, c'est très important. J'organise les vins d'honneur, je suis le maître des tire-bouchons", blague t-il.  Sa langue natale aide beaucoup : la commune de 2 600 habitants accueille beaucoup de touristes, la caravane du Tour de France, par exemple, il y a deux ans.

Même chose pour Collin Dawson, 71 ans, et depuis cinq ans conseiller municipal à Saint-Gilles-Vieux-Marché (Côtes d'Armor), une commune 350 habitants. Il habite en Bretagne depuis 25 ans. Il y a retapé une longère, où il proposait des gîtes et chambres d'hôtes. Ce retraité s'occupe du syndicat des eaux. Il renseigne aussi beaucoup les habitants du village qui sont Anglais et qui parlent moins bien le français. "Les séances du conseil sont toujours en français, parce que je suis le seul Anglais. Mais beaucoup de fois c'est nécessaire que je donne assistance dans la commune, pour les Anglais qui ont un problème", explique t-il avec son bel accent.  

Plus le droit de vote nulle part

Pour Collin Dawson, le Brexit signifie dire privation de citoyenneté : il va perdre son mandat d'élu. Mais pas seulement. "J'habite ici, c'est à dire j'ai quitté l'Angleterre depuis plus de 15 ans. Je n'ai plus le droit de voter là-bas. Avec le Brexit, je ne pourrai plus voter nulle part, c'est dur", se désole-t-il.

Seule solution pour garder le droit de glisser un bulletin dans l'urne : rester Européen en demandant la nationalité française. Collin Dawson l'envisage dans les mois qui viennent, pour lui, sa femme, ses deux parents âgés et ses cousins qui vivent dans les Côtes d'Armor. 

Tim Richardson, lui, entreprend les démarches après deux tentatives qu'il n'a pas menées au bout. "Ma vie est en France, je préfère essayer de pouvoir voter ici plutôt que de garder mon droit en Grande Bretagne où je ne m'exprime plus", explique-t-il. Dans le Cher, un conseiller municipal britannique a, lui, demandé la nationalité irlandaise - membre de l'Union Européenne - plutôt que la française.  Elle est plus facile à obtenir.

Pourtant, la France tend les bras aux ressortissants britanniques, affirmait il y a quelques semaines sur France Inter Nathalie Loiseau, alors ministre chargée des Affaires européennes.

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