Si la France n'est pas encore passée au stade 3 de l'épidémie de coronavirus, le ministre de la Santé a annoncé dimanche soir l'interdiction des rassemblements de plus de 1 000 personnes et surtout l'assouplissement des règles de télémédecine.

La médecine de ville va prendre de plus en plus de place dans la lutte contre le coronavirus
La médecine de ville va prendre de plus en plus de place dans la lutte contre le coronavirus © AFP / THIERRY THOREL / NURPHOTO

Il y a désormais plus de 1 000 cas de coronavirus Covid-19 recensés partout dans le pays. Si le stade 3 de l'épidémie n'est pas encore atteint en France, selon les dernières déclarations du ministre de la Santé dimanche soir, quelques régions sont toutefois plus ciblées, avec un stade 2 renforcé. 

Ce qui est certain, c'est que le système de soins va devoir progressivement fonctionner différemment. Les hôpitaux vont devoir se concentrer sur les cas graves, et les interventions non urgentes seront reportées. La médecine de ville va monter en charge et être bien plus sollicitée.

“Chaque patient pourra avoir accès à une téléconsultation quand il en aura besoin”

Le ministre de la Santé prépare donc le stade suivant de l'épidémie. Dès lors, une autre répartition ville/hôpital sera donc mise en place et les hôpitaux ne recevant plus que les cas graves : les médecins de ville seront alors les premiers acteurs, a souligné Olivier Véran dimanche. 

S'il martèle l'importance des gestes "barrière" et qu'il vient d'interdire les regroupements au-delà de 1 000 personnes, le ministre de la Santé a surtout, dans un premier temps, assoupli dimanche soir les conditions de validation de la télé-médecine. Olivier Véran a expliqué avoir signé un décret "facilitant l'utilisation des outils courants de communication à distance en plus des plateformes existantes". 

"J'ai décidé de lever l'obligation de passer par son médecin traitant et celle d'avoir eu une consultation réelle les douze mois avant la réalisation d'une consultation à distance. Chaque patient pourra donc avoir accès à une télé-consultation quand il en aura besoin et où qu'il soit", à précisé Olivier Véran.  

Les généralistes s'organisent

La priorité reste donc que chaque patient puisse avoir accès à une consultation, par télé-médecine dans un premier temps. De leur côté, les généralistes anticipent. Ils savent qu'ils vont devoir changer leur pratique : davantage, donc, de télé-médecine, des déplacements parfois à domicile, alors qu'ils ne les pratiquaient plus ou plus beaucoup.  

"Tous les cas confirmés vont devoir rester à domicile. On ne veut pas qu'ils viennent dans les cabinets pour éviter d'étendre l'épidémie, nous allons donc devoir changer notre façon de travailler, puisqu'on faisait moins de visites à domicile", témoigne Claude Leicher, médecin généraliste et président de la Fédération des communautés territoriales de santé. 

"Donc ça veut dire que la première semaine, tous les jours ou tous les deux jours, il va falloir qu'on examine ces patients cliniquement. Il faut les surveiller, car il peut y avoir des situations qui se dégradent lors de la deuxième semaine de la maladie", poursuit-il.  

Ne pas disperser la population

Ce que l'épidémie de grippe H1N1 de 2009 a appris, c'est la nécessité d'utiliser les lieux habituels de soins, pour ne pas disperser la population. "Il serait intéressant de pouvoir faire des prélèvements dans les laboratoires de ville, des diagnostics rapides à proximité, avec une liaison ville-hôpital fluide de façon à pouvoir joindre facilement le service compétent en cas de complication", ajoute Claude Leicher. 

En cas de nécessité, les agences régionales de santé pourraient également faire appel à la réserve sanitaire, composée de volontaires. Il peut s'agir, en dehors des médecins, de psychologues, pharmaciens, professionnels de santé en activité, en formation ou à la retraite depuis moins de cinq ans.

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