Axel Kahn, président de la Ligue nationale contre le cancer est décédé mardi des suites d'un cancer, a annoncé l'organisation. Le célèbre médecin et généticien avait 76 ans. "Je lutte contre le cancer et il se trouve que la patrouille m'a rattrapé", avait-il déclaré sur Inter mi-mai.

Le généticien Axel Kahn
Le généticien Axel Kahn © AFP / JOEL SAGET

Il conclut : "Qu’est-ce que le bonheur ? C’est le moment à partir duquel vous vivez ce que vous espériez vivre. Où il y a adéquation entre le ressenti de votre vie et ce que vous espériez. Mort ou pas mort, j’ai été intensément heureux !"

Chercheur de renommée internationale, Axel Kahn est décédé mardi des suites d'un cancer à l'âge de 76 ans, un peu plus d'un an après le diagnostic de sa maladie. Les traitements fonctionnaient bien mais son cancer s'est subitement aggravé et a métastasé. Docteur en médecine et docteur ès sciences, oncohématologue, généticien, directeur de recherche à l'Inserm, directeur de l'institut Cochin, il avait été élu président du Conseil d'administration de la Ligue nationale contre le cancer en juillet 2019. Il avait du quitter son siège le 11 mai dernier en raison de l'aggravation de sa maladie. 

Lors d'une interview accordée à France Inter le 17 mai dernier, il expliquait sa décision : "Je comptais finir toute une série de réorganisations fondamentales pour mieux lutter contre le cancer, avoir plus de moyens, mieux aider les personnes malades. Je vais profiter des jours qui viennent pour dire à chacun des leaders 'Aidez-moi, continuez mon combat, je compte sur vous'. Notre combat contre le cancer est juste, notre combat pour les personnes atteintes du cancer est éminemment juste."

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Ces derniers mois, il a communiqué sur la fin de sa vie

Axel Kahn a communiqué sur son cancer, estimant nécessaire d'informer. Il n'a pas hésité à évoquer sa mort, lorsque les médecins ne lui ont donné plus que quelques mois à vivre. "Ma maladie a été rendue publique à partir du moment où elle ne pouvait plus être tue", avait-il expliqué sur France Inter.  

Je vais maintenant mener deux combats, l'un que je vais mener seul, et optimiser le peu de temps qu'il me reste.

"Qu’est-ce que le bonheur ? C’est le moment à partir duquel vous vivez ce que vous espériez vivre", racontait-il. "Où il y a adéquation entre le ressenti de votre vie et ce que vous espériez. Mort ou pas mort, j’ai été intensément heureux ! Après la mort, il n’y a rien, mais il y a peut-être le souvenir que vous pourrez garder de moi, et ça c’est une forme d’immortalité."

Il avait publié le 21 mai, sur son compte Facebook, une lettre intitulée "Le bout du chemin" destinée à ses amis et sa famille. Axel Kahn a passé ses dernières semaines à la campagne, dans la maison familiale, entouré de ses enfants et de sa compagne.

Il avait aussi lancé il y a quelques semaines un blog intitulé "La chronique apaisée de la fin d'un itinéraire de vie", où il postait des pensées, toujours avec dignité et sans amertume. Il avait pris comme animal totem le loup, en référence au loup d'Alfred de Vigny. Et c'est l'annonce de l'arrêt de ce blog, jeudi 17 juin, qui a marqué la fin de son combat : 

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Un médecin au parcours scientifique hors normes

Docteur en médecine avec une spécialité en hématologie (1974), Axel Kahn était aussi docteur ès sciences (1976). Il est devenu chercheur à l'Inserm avec une spécialisation en biochimie puis a intégré l'Institut Cochin. Il effectue l'ensemble de sa carrière de chercheur à l'Inserm, devenant directeur de recherche de classe exceptionnelle en 1993. Parallèlement, il exerce la médecine jusqu'en 1992, notamment à l’hôpital Beaujon. Ses travaux portent sur la génétique moléculaire appliquée à l’étude de maladies héréditaires, notamment hématologiques.

Un homme engagé en politique

Axel Kahn se décrit comme un humaniste. Membre du Parti communiste dans les années 70, il entre ensuite au Parti socialiste après l'élection de François Mitterrand mais en repart deux ans plus tard.  Aux municipales de 2008, il soutient les candidats Bertrand Delanoë à Paris et Pierre Cohen à Toulouse.

En 2011, le médecin est membre de l'équipe de campagne de Martine Aubry pour l'élection présidentielle de 2012 chargé de la "refondation du progrès".  Il est ensuite investi candidat du PS aux législatives de 2012 dans la deuxième circonscription de Paris (regroupant les 5e, 6e et 7e arrondissements), une circonscription traditionnellement à droite. Lors du premier tour, il est battu au second pour par François Fillon.

Il s'était lancé dans un voyage initiatique 

Le médecin, généticien, chercheur, président honoraire de l’Université Paris Descartes, auteur de nombreux essais, a parcouru la France une première fois des Ardennes au Pays Basque en 2013, traversant notamment la  Bourgogne et le Massif Central en faisant 72 étapes. Il partage sur les réseaux sociaux ses impressions d'étape et réflexions qui font  l'objet d'un livre. Lors d'un deuxième voyage, en 2014, il est parti de la Pointe du Raz dans le Finistère pour rejoindre Menton, dans les Alpes-Maritimes, là-aussi en 72 étapes. Il a raconté ses périples dans les livres : "Pensées en chemin" et "Entre deux mers" (Stock). 

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