Un rapport, remis ce mercredi après-midi au ministre de l'éducation Jean-Michel Blanquer, préconise de réformer le baccalauréat général en le limitant à quatre épreuves finales et un contrôle continu.

Près de 700 000 lycéens passent le baccalauréat chaque année, toutes filières confondues
Près de 700 000 lycéens passent le baccalauréat chaque année, toutes filières confondues © AFP / THOMAS SAMSON

Ce rapport apporte des pistes au gouvernement qui veut s'atteler à la refonte de cet examen qu'il juge trop cher et trop lourd à organiser. Le texte rédigé par Pierre Mathiot, ancien directeur de Sciences Po Lille, s'appuie sur une centaine d'entretiens réalisés en deux mois. 

Quatre épreuves le jour J

Il conseille d'abord de limiter le bac à quatre épreuves finales. Celle de philosophie serait conservée pour tous les bacheliers, qui en choisiraient deux autres parmi plusieurs combinaisons de disciplines majeures, comme maths/physique, lettres/langues ou encore sciences économiques et sociales/histoire-géo. Enfin les lycéens auraient à passer un grand oral. Ces quatre épreuves compteraient pour 60% de la note du bac.    

Un grand oral

Grande nouveauté: un grand oral comptant pour 15% de la note finale sanctionnerait la fin du bac. Cet oral pourrait, selon plusieurs sources, porter sur des matières interdisciplinaires, par exemple une majeure et une mineure. Il pourrait être préparé de manière collective, même si l'épreuve resterait individuelle. Deux professeurs du lycée des candidats et une personne extérieure le feraient passer.  "Les compétences orales sont importantes pour la réussite dans l'enseignement supérieure et l'insertion professionnelle", approuve Claire Krepper, du syndicat SE-Unsa. "Mais il faudra que les enseignants aient vraiment du temps pour préparer les élèves à cet oral en amont", prévient-elle.                  

Plus de contrôle continu

Les 40% de la note restants seraient établis par un contrôle continu. Sur ce point, Pierre Mathiot laisse deux options sur la table : prendre en compte les notes de première et de terminale, mesure historiquement contestée par les syndicats lycéens, ou faire passer aux futurs bacheliers des examens partiels nationaux et anonymes à la fin de chaque semestre.       

Fini le rattrapage auquel étaient convoqués les élèves ayant obtenu moins de 10 sur 20 mais au moins 8 de moyenne. Ce serait désormais l'examen de leurs livrets scolaires qui déterminerait leur réussite ou non à l'examen.   Pierre Mathiot espère que certaines de ses pistes seront prises en compte, même s'il sait qu'il ne fera pas l'unanimité. "Il ne faut pas sous-estimer la difficulté de faire bouger une institution napoléonienne", reconnaît-il.  Ce bac nouvelle formule doit s'appliquer en 2021, avec des répercussions sur la classe de Seconde dès la rentrée prochaine, puis la classe de Première en 2019 et de Terminale en 2020.              

Le ministre de l'éducation Jean-Michel Blanquer doit livrer ses arbitrages d'ici deux à trois semaines.

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