En un an, l'intérêt porté à l'actualité par les Français interrogés a dégringolé de huit points, d'après le baromètre de confiance des Français dans les médias, publié mercredi. La crédibilité accordée à la radio, la télé et les journaux reste globalement stable, tandis que la confiance accordée à Internet baisse.

13% des sondés affirment même n'avoir un intérêt que "très faible" envers l'actualité.
13% des sondés affirment même n'avoir un intérêt que "très faible" envers l'actualité. © Getty / Violeta Stoimenova

Le premier constat est alarmant. En un an, l’intérêt pour l'actualité des Français interrogés s'est érodée de huit points : seuls 59 % d’entre eux disent encore y porter un grand intérêt, selon le baromètre de confiance des Français dans les médias, publié comme chaque année par le journal La Croix et la société d'étude d'opinions Kantar. 13 % affirment même n'avoir qu'un intérêt "très faible" envers l'actualité, en hausse de 4 points.

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. / Baromètre de la confiance dans les médias La Croix/Kantar

Crédibilité plutôt stable pour la radio, les journaux et la télé

Les choses se sont-elles passées comme la radio les raconte ? "Oui", pour 6 % des sondés, "à peu près", pour 44 %. La moitié des personnes sondées considèrent la radio comme un média crédible, un chiffre stable par rapport à janvier 2019. Une crédibilité à relativiser quand on jette un œil aux statistiques de 2014, où 63 % des personnes interrogées accordaient leur confiance au média radio.

Du côté de la presse écrite, léger regain de crédibilité de deux points : 46 % des personnes consultées estiment que les choses se sont passées, ou tout du moins à peu près, comme relaté dans les journaux. Même hausse de deux points constatée pour la télévision. 

Les jeunes plébiscitent Internet... mais n'y accordent pas leur confiance

Chez les moins de 35 ans, on s’informe d’abord via Internet, puis on allume la télé, avec pour support de prédilection le smartphone, première source d’information sur Internet quel que soit l’âge. Puis viennent les sites des journaux, talonnés par les réseaux sociaux, qui ont bondi de quatre points.

Cela alors même que la crédibilité d’Internet est globalement en baisse, et que 66 % des sondés ne font pas confiance aux informations circulant sur les réseaux sociaux. Tendanciellement, on remarque d'ailleurs un bond de la défiance envers Internet : en 2015, seuls 4 des sondés se disaient méfiants par rapport à ce qu'ils lisaient en ligne.

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. / Capture d'écran baromètre confiance dans les médias La Croix/Kantar

Depuis les "gilets jaunes", des médias plus attentifs aux Français ?

La crise des gilets jaunes, qui a éclaté en novembre 2018, a sans doute concentré la défiance que certains Français peuvent avoir vis-à-vis des médias. Ces derniers ont souvent mis un point d’honneur à défendre un travail de proximité, au plus près des citoyens contestataires, ainsi que l’impartialité du traitement de l’information. 

D’où cette question ajoutée cette année dans l’étude : "Depuis le mouvement des gilets jaunes, avez-vous le sentiment que les médias rendent mieux et davantage compte de la vie des Français et de leurs préoccupations ?"

Deux manières de voir les résultats : 1 sondé sur 4 considère que oui, la crise a poussé les médias à mieux traiter des préoccupations des Français. Mais les sondés sont tout de même une large majorité, 7 sur 10, à estimer que non, les manifestations et l’occupation des ronds-points n’a pas eu d’impact sur le traitement médiatique.

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. / Capture d'écran baromètre de la confiance La Croix/Kantar

Les sujets dont les médias ont trop ou pas assez parlé

Globalement, les sondés ont trouvé que les médias en ont trop fait avec la crise des "gilets jaunes" : ils sont 55 % à estimer que le sujet a occupé une trop grande place dans l'information. Suit la fausse arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès (51 %), ramdam médiatique qui avait entraîné le mea culpa de nombreuses chaînes, radios et journaux. C'est l'incendie de la cathédrale Notre-Dame qui occupe la troisième position : 46 % des sondés trouvent que les médias en ont trop fait.

À l'inverse, les sondés se sont exprimés sur ce qui, selon eux, n'a pas été suffisamment traité. Un sur deux pensent ainsi que les médias n'ont pas assez parlé des feux de forêt en Amazonie, en Californie et en Sibérie. Puis vient le Grenelle sur les violences conjugales organisé par le gouvernement, insuffisamment relayé par les médias pour 45% des personnes interrogées.

Et qu'en est-il des sujets dont les médias ont parlé "comme il faut ?" La mort de Jacques Chirac, suivie de l'attentat à la Préfecture de police de Paris, et du 30ème anniversaire du mur de Berlin. 

Les journalistes toujours critiqués

L’image des journalistes, elle, reste peu reluisante pour un grand nombre de Français. 61 % des sondés les perçoivent comme hautement perméables aux pressions de l’argent, 68 % comme étant sujets aux pressions des partis et du pouvoir. Est-il possible de dégager une tendance ? Pour ce qui concerne les pressions liées à l'argent, pas vraiment, si l'on se fie aux chiffres. En revanche, on remarque une hausse sensible pour ce qui est des pressions supposées du pouvoir et des partis politiques.

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. / Capture d'écran étude de confiance dans les médias La Croix/Kantar
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