Le quotidien La Croix publie ce mardi son baromètre annuel de la confiance dans les médias, réalisé par l'institut Kantar-Sofres. Une étude selon laquelle l'intérêt pour l'actualité est à son plus bas niveau depuis trente ans, mais qui montre aussi une vigilance accrue quant à la fiabilité des informations.

Les rotatives du journal Le Monde (illustration)
Les rotatives du journal Le Monde (illustration) © AFP / Matthieu Alexandre

L'intérêt des Français pour l'actualité n'avait pas été aussi faible depuis trente ans : selon le baromètre annuel "La confiance des Français dans les médias" réalisé par l'institut Kantar-Sofres et publié ce mardi par le quotidien La Croix, le taux d'intérêt porté à l'actualité a atteint en 2018 son plus bas niveau depuis 1987.

En tout, 62% des sondés seulement affirment suivre les nouvelles avec un grand intérêt, contre 38% qui affirment n'avoir qu'un intérêt assez ou très faible pour les actualités. Ce chiffre est en hausse fulgurante depuis 2015, année où il avait plongé à 24% (après un pic à 31% l'année précédente). 

La radio, média toujours le plus fiable

Et pour tous, c'est la radio qui affiche le plus de fiabilité : 56% des sondés estiment que les choses se sont passées en général comme la radio le raconte (+4pts par rapport à l'an dernier). La télévision et la presse écrite sont derrière, avec respectivement 48% et 52%, mais avec une plus vive progression (+7 points). En revanche, la crédibilité d'Internet est en baisse d'un point : seuls 25% des sondés pensent que les choses se sont passées comme Internet les raconte. Globalement, cette hiérarchie (radio, journal, télé, Internet) reste inchangée depuis 30 ans. 

Depuis 2015, la tendance s'est en effet inversée sur la crédibilité d'Internet, et cela se confirme cette année : 54% des sondés pensent que les choses ne se sont pas passées exactement comme Internet les présente. Et les internautes sont encore plus méfiants, car si l'on isole les répondants qui déclarent consulter l'information sur Internet, ils sont 64% à penser qu'il y a pas mal de différences entre la réalité et la version que l'on trouve sur Internet. 

Méfiance envers les réseaux sociaux

De fait, la confiance dans les articles partagés sur les réseaux sociaux est faible : seuls 16% des sondés font confiance à des contenus partagés par un "ami" ou un contact sur les réseaux sociaux, par exemple. La proportion augmente à 38% quand cet article vient d'un média. 

Ces chiffres transcrivent une exigence résumée par un autre résultat du baromètre : à la question "qu'attendez-vous des médias en priorité", la réponse est à 90% "une information fiable et vérifiée", à 6% seulement "qu'ils vous proposent des solutions", à 2% "qu'ils affirment un choix partisan" (et 2% sont sans opinion). 

L'indépendance en doute

En revanche, il y a toujours près de deux sondés sur trois qui pensent que les journalistes ne sont pas indépendants vis-à-vis des partis politiques ni des pressions de l'argent. Un nombre en augmentation depuis 2015, là aussi. 

Conséquence : 82% des sondés pensent qu'il est assez voire très important que les jeunes Français soient formés à rechercher sur Internet des informations vérifiées, et à déceler les "fake news". Et pour 71%, c'est à l'Education nationale de s'en charger. 

Enquête réalisée sur un échantillon national de 1 000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, sélectionnés selon la méthode des quotas après stratification par région croisée par catégorie d'agglomération, entre le 4 et le 8 janvier 2018 par des interviews en face à face.

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