Six mois après la mort d’Adama Traoré, la ville de Beaumont-sur-Oise est-elle enfin apaisée?

Entre les soutiens de la famille Traoré d'un côté et la municipalité et les forces de l'ordre de l'autre, le dialogue était difficile.
Entre les soutiens de la famille Traoré d'un côté et la municipalité et les forces de l'ordre de l'autre, le dialogue était difficile. © Maxppp / WOSTOK PRESS/MAXPPP

Il y a six mois quasiment jour pour jour, le 19 juillet Adama Traoré, 24 ans, était retrouvé mort après son interpellation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise la ville où il vivait.

Dans un premier temps, cette affaire avait été confiée à un juge d’instruction du val d’Oise, avant d’être dépaysée à Paris. Malgré deux autopsies, la cause du décès de ce jeune homme n'a pas encore été établie. Les médecins ont toutefois mis en évidence "un syndrome asphyxique" qui aurait pu être provoqué par les corps des trois gendarmes qui ont maintenu le jeune homme lors de son interpellation.

Depuis six mois, la famille Traoré s’est mobilisée sans relâche pour connaître la vérité sur la mort de ce jeune homme.

A plusieurs reprises, la ville de Beaumont-sur-Oise a connu des émeutes violentes au cours desquels des bus et des bâtiments publics ont été incendiés et des gendarmes pris pour cible. Six mois après la mort d’Adama Traoré, la ville de Beaumont-sur-Oise est-elle enfin apaisée ?

Pour les habitants, les points de vue divergent en fonction des quartiers. Géraldine Hallot s'est rendue à Beaumont-sur-Oise, notamment dans le quartier de Boyenval où vivait Adama Traoré :

Ce quartier n'a rien d'une cité. Les petits immeubles bien entretenus se succèdent et une épicerie fait office de lieu de rendez-vous pour les jeunes. La forêt est toute proche. Mais à la sortie du quartier, le trottoir noirci rappelle qu'un bus a été incendié ici. Dans l’esprit des jeunes, la défiance envers la justice persiste. A l’image d’Ibou, lycéen : "Moi je pense qu’il n’y a pas d’enquête et qu’on ne peut pas leur faire confiance".

Au début, il y a eu des émeutes et puis cela c’est calmé. Mais ils doivent se dépêcher de dire la vérité aux parents et à la famille (Christelle, qui habite le quartier depuis 17 ans)

Sur le trottoir d'en face, on rencontre d’autres habitants dans des pavillons et d’autre discours : "Pour certaines personnes, c’est casser pour casser", regrette l’un d’eux. La maire de la ville, Nathalie Groult est longtemps restée silencieuse. On lui a reproché un manque d'empathie pour la famille Traoré, ce qu'elle dément : "Nous souhaitons aussi connaitre la vérité", assure-t-elle. Aujourd'hui le calme est revenu dans le quartier Boyenval, et la préfecture explique que les renforts de police qui étaient là depuis l'été ont été réaffectés ailleurs.

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