Des chercheurs américains et danois ont annoncé jeudi avoir mis au point un test sanguin peu coûteux qui permet de prédire à 80% si une femme enceinte donnera naissance à un bébé prématuré

Service de néonatalogie à Chambéry
Service de néonatalogie à Chambéry © AFP / ULYSSE LEFEBVRE / HANS LUCAS

Bien que d'autres recherches soient nécessaires avant que le test ne soit prêt à être utilisé à grande échelle, les experts affirment qu'il a le potentiel de réduire le nombre de décès et de complications dus aux 15 millions de naissances prématurées par an dans le monde entier.  

Le test peut également être utilisé pour estimer la date d'accouchement de la mère "de manière aussi fiable et moins coûteuse que l'échographie", indique le rapport paru dans la revue Science.  

Le test mesure l'activité des gènes maternels, placentaires et fœtaux, évaluant les niveaux d'ARN sans cellules, qui sont des molécules messagères qui transportent les instructions génétiques du corps.  

"Nous avons constaté qu'une poignée de gènes sont très prédictifs concernant des femmes à risque pour un accouchement prématuré", a déclaré Mads Melbye, co-auteur principal, professeur invité à l'Université de Stanford et PDG du Statens Serum Institut à Copenhague. 

"J'ai passé beaucoup de temps au fil des ans à travailler pour comprendre l'accouchement prématuré. C'est le premier progrès scientifique réel et significatif sur ce problème depuis longtemps", a-t-il estimé.  

Test plus précis qu'avant

Définie comme un bébé arrivant au moins trois semaines à l'avance, la naissance prématurée touche 9% des naissances aux États-Unis et est la première cause de décès avant l'âge de cinq ans chez les enfants du monde entier.  

Jusqu'à présent, certains tests de prédiction des naissances prématurées étaient disponibles, mais ils avaient tendance à ne fonctionner que chez les femmes à haut risque et n'étaient précis qu'à environ 20%, selon le rapport.  

Ce test sanguin serait surtout utile pour cibler, parmi les patientes ayant des facteurs de risque, celles que l’on devrait traiter à la progestérone pour prévenir une naissance prématurée, au lieu de traiter toutes ces femmes à risque sans distinction.

Quand le test arrivera sur le marché, les chercheurs assurent qu'il sera probablement assez simple d'utilisation et peu coûteux pour être utilisé dans les régions pauvres du monde.

En France, 8% des grossesses se terminent prématurément et donnent naissances à 60 000 bébés. Les prématurés survivent mieux et ont moins de séquelles qu'il y a 20 ans. La survie d'un enfant né autour du sixième mois était de 80 % il y a 20 ans. Elle est désormais de 90% et plus. Mais l'association SOS Préma avait alerté les élus il y a deux ans sur le coût et les difficultés économiques et sanitaires lourdes que vivaient les familles d'enfants prématurés. 

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