Djamel Beghal est sorti de prison ce lundi. Considéré comme le mentor des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, Djamel Beghal, déchu de la nationalité française, est aussi de nationalité algérienne où il a été extradé.

L'islamiste Djamel Beghal dessiné au tribunal de Paris en 2014.
L'islamiste Djamel Beghal dessiné au tribunal de Paris en 2014. © AFP / BENOIT PEYRUCQ

Originaire de Bordj Bou Arreridj, Djamel Beghal a quitté l’Algérie au milieu des années 1980. En Algérie, il n’est connu ni comme un cadre de groupes terroriste, ni comme un cadre de l’ex-parti politique du Front Islamique du Salut. L’homme a été condamné par contumace en Algérie en 2003 à une peine de 20 ans de prison pour "adhésion à un groupe terroriste" en raison de son appartenance à une cellule terroriste alors qu'il était au Royaume-Uni et pour avoir encadré certains de ses compatriotes alors il s'entraînait dans un camp djihadiste en Afghanistan. Condamné en France à deux peines de dix ans de prison, Djamel Beghal, 52 ans, a été déchu de la nationalité française.

Sa dernière peine étant arrivée à échéance, il a quitté ce lundi matin à 5h30, la prison de Vezin-le-Coquet, près de Rennes pour être reconduit à la frontière. Il a ensuite décollé vers Alger en milieu de matinée. 

Djamel Beghal est expulsable depuis 2007, deux ans après avoir été condamné à 10 ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste. À Vezin-le-Coquet, prés de Rennes en Bretagne, il purgeait une seconde peine de dix ans de prison pour un projet d'évasion datant de 2010 de Smaïn Aït Ali Belkacem, un ancien membre du Groupe islamique armé algérien (GIA) condamné pour sa part à perpétuité pour l'attentat à la station RER Musée d'Orsay en 1995 à Paris.  

Discussions de plusieurs semaines avec Alger

Les autorités françaises discutaient depuis plusieurs semaines avec Alger des conditions de son retour dans son pays natal qu'il avait quitté à l'âge de 21 ans pour venir en France.  "Nous souhaitons qu'il puisse retourner en Algérie" expliquait Nicole Belloubet sur l'antenne de France Inter. 

17 ans en prison en France

Djamel Beghal a passé 17 ans en prison en France. En 2005, il avait reconnu, avant de se rétracter en expliquant avoir été torturé par les enquêteurs, avoir été mandaté par un proche de Ben Laden pour préparer un attentat contre l'ambassade et un centre culturel américains.

L’Algérie a accueilli d’anciens prisonniers de Guantanamo, qui ont du passer une année en résidence surveillée à leur retour. Mais il y a aussi beaucoup d’anciens militants du Front Islamique du Salut, réfugiés à l’étranger dans les années 1990, qui sont revenus volontairement. Ceux qui n’étaient pas mis en cause par la justice algérienne ont pu s’installer librement et bénéficier des décisions de la Charte de réconciliation nationale. Ce texte permet aux terroristes repentis qui ne sont pas coupables de meurtre de se réinstaller dans la société, avec interdiction de reprendre toute activité politique.

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