Près de six mois après le lancement du plan pauvreté, le président LR du conseil départemental du Bas-Rhin rend ce mardi un rapport visant à détailler le nouveau "service public de l'insertion", avec de nombreuses propositions pour accompagner les bénéficiaires du RSA et leur garantir une prise en charge plus rapide.

Le président LR du Conseil départemental du Bas-Rhin Frédéric Bierry a expérimenté dans son territoire l'engagement associatif pour les bénéficiaires du RSA
Le président LR du Conseil départemental du Bas-Rhin Frédéric Bierry a expérimenté dans son territoire l'engagement associatif pour les bénéficiaires du RSA © Maxppp / Le Parisien / Farida Chadr

L'objectif affiché par le gouvernement est clair : être en capacité de fixer un premier rendez-vous plus rapide pour les bénéficiaires du RSA dans un délai d'un mois maximum à compter de leur inscription (ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui) suivi d'un accompagnement global et intensif. Mais de quel accompagnement parle-t-on ? Et avec quels moyens ? La mission Bierry rend ses conclusions.  

Bénévolat pour ceux qui le souhaitent 

Dans son rapport, le président du Conseil départemental du Bas-Rhin propose notamment de généraliser la possibilité d'un engagement associatif bénévole de quelques heures par semaine pour les bénéficiaires du RSA qui le souhaitent. Expérimenté à Strasbourg, ce dispositif controversé "fonctionne, notamment pour les plus éloignés de l'emploi, les personnes isolées" assure Frédéric Bierry qui rappelle que le RSA "ce n'est pas une fin en soi, ni un revenu universel. C'est un outil d'insertion." Pour le Premier ministre Edouard Philippe le sujet est "explosif". Il l'a dit vendredi dernier, affirmant qu'il faudrait tout de même se poser la question d'éventuelles "contreparties" au versement des aides sociales.

Ce bénévolat pourrait figurer dans de nouveaux contrats d'engagements réciproques. "Trop statiques, ces contrats doivent évoluer, pour permettre au bénéficiaire d'être plus actif, de construire son parcours". 

Coaching : vers des appels à projet public/privé

Autre proposition : développer massivement le coaching et accompagnement global des bénéficiaires du RSA, via des associations mais aussi des cabinets privés, peu sollicités aujourd'hui. Pas de tabou sur le sujet. "L'idée, explique Frédéric Bierry, c'est de lancer des appels à projets, à destination du secteur associatif mais aussi du secteur privé". 

Construire une démarche d'accompagnement qui va être adaptée à la situation de la personne. Faire dans la dentelle. Du sur-mesure

L'auteur du rapport suggère de généraliser les possibilités d'immersion en entreprise de quelques jours (non rémunérées). "Elles sont encore trop rares", tout comme les passerelles vers les entreprises innovantes, à but d'insertion ou à but d'emploi, comme les territoires zéro chômeurs

La contractualisation avec les départements est lancée

L'État finance la mise en oeuvre de cet accompagnement renforcé (appelé aussi Garantie d'activité) dans le cadre de contrats signés avec les départements. 10 départements démonstrateurs ont déjà discuté des termes de ces nouveaux contrats. Il s'agit de crédits sortis du périmètre du Pacte de Cahors, qui encadre les dépenses des collectivités.

Les autres départements s'apprêtent à négocier des contrats similaires d'ici la fin 2019.

Parallèlement à l'accompagnement, le rapport Bierry pointe la nécessité de rendre le travail financièrement plus attrayant : "Force est de constater qu'une reprise d'emploi au Smic ne permet plus de faire face pour soi et sa famille aux dépense de base, même si la prime d'activité est une avancée notable." Il est parfois "dissuasif d'accepter une activité salariée, de surcroît à temps partiel ou à durée déterminée".

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