Bernard Cazeneuve et François Baroin, président de l'AMF
Bernard Cazeneuve et François Baroin, président de l'AMF © MaxPPP / Sebastien Muylaert/Wostok Press

Devant les représentants de 600 villes de France, le ministre de l'Intérieur a annoncé une enveloppe de 1 000 euros par place d'hébergement créée dans chaque commune pour des demandeurs d'asile et des réfugiés d'ici 2017.

La France s'est engagée à accueillir 24 000 réfugiés sur deux ans, en plus des 6 750 déjà demandés par l'Union européenne, conformément au plan de la Commission de répartir 160.000 réfugiés dans l'UE. Paris va également accueillir en urgence 1 000 demandeurs d'asile arrivés en Allemagne. Pour parvenir à ce chiffre, Bernard Cazeneuve a donc annoncé une aide financière exceptionnelle.

Nous avons, au terme d'une discussion avec l'Association des maires de France (AMF), proposé un soutien exceptionnel et forfaitaire à la mobilisation des communes qui créeront sur leur territoire des places d'hébergement supplémentaires d'ici 2017, pour un montant de 1000 euros par place d'hébergement.

Des "dispositifs complémentaires" seront également débloqués pour les propriétaires publics ou privés qui souhaiteraient contribuer à cet effort de solidarité.

Accueil, intégration, naturalisation

La réunion de samedi, qualifiée de "très opérationnelle" par le ministère de l'Intérieur, visait à recenser les propositions d'hébergement émanant de ces communes, leur expliquer l'organisation du dispositif, et "préciser" le rôle de l'Etat, qui a vocation à le prendre en charge financièrement.

Bernard Cazeneuve évoque également la nécessaire solidarité européenne sur le sujet.

Je vois des pays qui cherchent à échapper à cette solidarité, en expliquant qu'ils pourraient payer des amendes en contrepartie de la possibilité de ne pas faire de geste solidaire. Comme si l'on pouvait s'exonérer d'une responsabilité humaine et morale par le paiement d'une amende. La France sera extrêmement ferme sur ce point.

Aujourd'hui 75 % des réfugiés sont accueillis par cinq pays de l'Union européenne .

"Il faut soutenir les communes courageuses, volontaristes, qui envisagent l'avenir avec générosité", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls en clôture de ce rassemblement.

Il nous revient d'apporter des réponses concrètes aux inquiétudes des Français en organisant l'arrivée des réfugiés, de manière sérieuse, pragmatique et intelligente. Sans céder à la panique, et sans la provoquer. Après évaluation précise de la situation, les crédits indispensables seront débloqués dans les prochaines semaines.

Rappelant l'accueil réservé par la France à des réfugiés d'autres nationalités au cours de son Histoire, le Premier ministre a estimé que ce que l'on retiendrait de cette époque "c'est la solidarité, c'est l'accueil, c'est l'intégration. C'est pour cela qu'il faut réussir cet accueil, et demain cette intégration, et demain ces naturalisations. "

Chaque préfet nommera un coordinateur local pour assurer la mise en place concrète de cet accueil à travers le pays.

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