Anquetil, Merckx, Indurain et Bernard Hinault. Depuis la disqualification de l’extraterrestre dopé Lance Armstrong, tout en haut du palmarès, on trouve ce carré d’as de quintuples vainqueurs du Tour.

1975 - Les promesses de l’aube

Bernard Hinault gagne sa première course en 1971, à l’âge de 17 ans, alors qu’il ne possède une licence que depuis quelques jours. Il devient professionnel en 1975, et tout le milieu cycliste français sent qu’il y a là un champion en devenir.Après sa première victoire dans le circuit de la Sarthe, on sent que déjà Napoléon perce sous Bonaparte…

### 1977 - L’éclaireur En 1977, à 22 ans, Hinault gagne les classiques Gand Wevelgen et Liège Bastogne Liège. Puis le Dauphiné Libéré, tremplin habituel pour le Tour. Pourtant, son mentor et directeur sportif Cyrille Guimard le bride : il ne prendra pas le départ pour l’équipe Gitane.Du coup, c’est pour la télévision qu’il suivra la course, en éclaireur, et comme on va le voir, en pronostiqueur avisé. C’est en effet Dietrich Thurau qui remporte le prologue de ce Tour qui sera remporté pour la seconde fois par Bernard Thévenet. ### 1978 - L’avènement En 1978 enfin, Cyrille Guimard libère son champion. Pour son premier Tour, comme une évidence, il va s’emparer du maillot jaune, comme prévu, dans l’ultime contre-la-montre, à Nancy, 3 jours avant l’arrivée à Paris.Un Tour pendant lequel il s’est illustré notamment en prenant la tête de la fronde des coureurs dénonçant les cadences infernales à Valence d’Agen. Pourtant, Zoetemelk avait frappé un grand coup en lui prenant près de deux minutes dans la montée contre la montre du Puy de Dôme. A Nancy, « Le blaireau » a relégué le Hollandais à 4 minutes. ### 1979 - La maturité « Il faut apprendre la sagesse »Ce sont les mots d’un Bernard Hinault toujours jeune (25 ans) qui vient de gagner son deuxième Tour et qui fixe déjà l’âge de 32 ans pour prendre sa retraite.Un coureur qui n’a pourtant pas écrasé ce Tour malgré ses 7 victoires d’étape : le Hollandais Joop Zoetemelk lui a mené la vie dure jusqu’au dernier jour, terminant dans sa roue sur les Champs-Elysées.
### 1980 - La blessure La 65ème édition du Tour sera celle de la consécration pour Hinault, toute la France en est persuadée. Toute ? Pas si sûr : dans l’entourage du Blaireau, on sait bien que son genou le fait souffrir, et qu’il paie son début de saison marqué par une éclatante victoire sous la neige dans Liège Bastogne Liège. Le premier objectif de sa saison, le Tour d’Italie est pourtant atteint.Dans le Tour, après une victoire dans le prologue, puis dans le premier contre-la-montre (la routine), Hinault met un point d’honneur à remporter l’étape qui emprunte les routes de Paris-Roubaix entre Liège et Lille. Il fait encore mauvais, froid et humide. La douleur au genou se réveille et, au soir de la 12ème étape, la première des Pyrénées, Hinault quitte la caravane, dans la plus grande discrétion.Une discrétion qui sera vécue comme une trahison par le public qui n’avait pas compris le calvaire vécu par son champion. ### 1981 - La rédemption Après l’abandon de Pau, Hinault est attendu au tournant. Mais son début de saison est tonitruant : victoire dans ce Paris-Roubaix qu’il abhorre, victoire dans le Dauphiné Libéré, victoire dans l’Amstel Gold Race. L’adversité n’estplus au même niveau : Joop Zoetemelk a un an de plus, Lucien Van Impe ne vise plus que le classement de la montagne… Le Blaireau va remporter les 3 contre-la-montre (4 en comptant le prologue à Nice) plus l’étape de montagne entre l’Alpe-d’Huez et Le Pleynet. Après deux premiers jours en jaune, il reprend la tête du classement à la 7ème étape, et restera tranquillement en jaune jusqu’à Paris. Cette troisième victoire est certainement la plus aboutie des cinq.
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