Dans le documentaire "Mort sociale, jeunesse de France" le chanteur a pris la caméra pour dénoncer la pauvreté étudiante française. Invité de Sonia Devillers dans l’émission L’Instant M, il a dit ce qu’il y a de révoltant dans la situation de la jeunesse d’aujourd’hui.

Bernie Bonvoisin dans son documentaire : "Mort sociale, jeunesse de France"
Bernie Bonvoisin dans son documentaire : "Mort sociale, jeunesse de France" © Capture écran du film sur LCP

Des étudiants dignes malgré leur situation 

Il s'appelle Pierre et il témoigne face caméra dans Mort sociale, jeunesse de France

"Ce n'est pas le confinement qui a fait que j'étais déprimé, mais ça a été l'élément déclencheur. Je n’ai jamais pensé à me suicider, mais parfois il m'est déjà arrivé de me rendre compte que je ne vivais pas vraiment. J'étais là, mais je vivais presque comme un végétal. Je ne bougeais presque pas et je restais tout le temps ici. Je dors, je fais mes devoirs, je mange. C'est tout."

Bernie Bonvoisin : "La dignité, c’est peut-être tout ce qu'il reste quand on est précaire. C'est essentiel. Je préfère d’ailleurs parler de pauvreté. C'est de cela dont il s’agit."

Le drame : des jeunes déjà aidés, mais pas suffisamment 

Laura : "J'avais 354 euros de bourse pour vivre par mois. L'année suivante parce que mon père a gagné 300€ de plus, on Je suis tombé à 254€. Sur dix mois, c’est donc une perte de 1000 euros. Chaque année, c'est la roulette russe parce que l’on boucle notre dossier en mars. La notification tombe et on ne sait pas sur quel pied danser."

Bernie Bonvoisin : "C’est représentatif de ce qu'on appelle "l'égalité des chances". 

Laura fait partie des 13 % d'enfants d'ouvriers qui ont accès aux études supérieures. 13% ! 

Oui, ces jeunes ont des bourses, ont accès à des foyers… Les pouvoirs publics sont là, mais ça ne suffit pas !"

Ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas

Bernie Bonvoisin : "Ce qui marche vraiment ce sont les initiatives personnelles, ou d’associations, en dehors des contraintes administratives et parfois des lois et des règles, qui répondent tout de suite. Comme lorsque j’étais au Liban : ce sont les personnes sur le terrain qui agissent le mieux. 

J’ai rencontré une présidente d’Université qui s’étonnait : "On a déjà distribué des repas aux jeunes !" Mais souvent les administrations sont en déconnection avec les souffrances subies. 

L’emprunt, c'est la très mauvaise idée proposée par LREM. Sébastien, interrogé dans le documentaire Mort sociale, jeunesse de France : "La République en marche veut proposer un prêt de 10 000 euros à taux zéro. Mais si un prêt était la solution idéale, ça se saurait. Le prêt, c’est une précarité à rebours. Si demain, je ne trouve pas de taf après mes études, ce qui est probable vue la situation actuelle, je vais me retrouver avec 22 000 euros de dettes à rembourser !"

Très étonnant : ces jeunes étudiants pauvres prennent le temps d’aider des plus précaires

Bernie Bonvoisin : "Ces jeunes femmes, ces jeunes hommes précaires prennent le temps malgré leur situation d’aider des personnes encore plus nécessiteuses. 

Cela m’a collé par terre. 

Ces étudiants ont envie d'apprendre et en même temps, ils sont terrifiés par le monde qu’on leur propose. Le système actuel ne leur convient pas. C’est donc peut-être par eux que les choses vont bouger.

La jeunesse française est en désespérance, ses espoirs sont fracassés. Le drame de l'indifférence nous fait regarder ailleurs. L'abandon mène irrémédiablement à la mésestime de soi. C'est une génération en totale détresse."