Un "nouvel ami" pour la police municipale de Béziers
Un "nouvel ami" pour la police municipale de Béziers © MaxPPP

Depuis le 1er février, les policiers municipaux de Béziers sont armés. Robert Ménard, le maire élu avec le soutien du Front National, est bien décidé à le faire savoir.

Un 7.65 automatique avec un drapeau français gravé sur la crosse. Depuis mardi soir, ce pistolet s’affiche en grand dans les rues de Béziers. La « star » de la nouvelle campagne de la mairie est entourée d’une légende : "Désormais la police municipale a un nouvel ami. Armée 24H/24 et 7j/7".

Le dispositif a été mis en place après la signature d’un contrat entre la ville et l’Etat. Neuf agents, déjà formés et en provenance d'autres polices municipales déjà armées, sont habilités à patrouiller dans la ville.

Indignation

Cette campagne a déclenché une avalanche de tweets interrogatifs, amusés ou indignés. De nombreux élus locaux de gauche ont réagi, comme Sébastien Denaja, député socialiste de la 7ème circonscription de l’Hérault.

Une campagne qui a suscité des réactions au-delà des frontières de l’Hérault. Bernard Roman, député PS du Nord, dénonce ces affiches.

A Béziers le maire se prend pour un shérif et sème la terreur dans la ville. Lamentable pour un élu de la République.

Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste, a aussi publié un communiqué.

La campagne d'affichage à Béziers invite à un climat de peur et de haine quand, à l'opposé, des millions de personnes ont fait le choix de la fraternité et du vivre ensemble.

Nouvelle provocation du maire ?

Depuis son élection grâce au soutien du Front National en mars 2014, Robert Ménard, le maire de Béziers, a été au cœur de plusieurs polémiques. Il a notamment décidé de débaptiser la rue du « 19 mars 1962 », date du cessez-le-feu en Algérie pour lui donner le nom du «commandant Hélie Denoix de Saint-Marc», militaire qui a participé au putsch des généraux en 1961.

Robert Ménard a aussi installé une crèche à la mairie à Noël dernier, publié un arrêté « anti-crachats » au mois de septembre pour rendre sa ville "plus belle et plus agréable". Il a interdit l’accrochage de paraboles et de linge aux fenêtres après son arrivée aux affaires.

L’ancien fondateur de Reporters Sans Frontières a également décrété un couvre-feu pour les enfants de moins de 13 ans non accompagnés par un majeur dans certains quartiers de sa ville pendant les mois d’été. La campagne sur l’armement de la police municipale vient donc s’ajouter à la liste. Mercredi soir, le service de communication de la ville de Béziers n'avait pas réagi à la polémique.

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