C'est l'une des mesures-phares de la future loi de santé publique, présentée ce jeudi par la ministre Marisol Touraine. La généralisation du tiers-payant à partir de 2017 pourrait aider de nombreux malades, mais les syndicats de médecins y sont hostiles.

Aujourd'hui, seuls les malades bénéficiant de la la couverture maladie universelle (CMU), n'ont aucune avance à faire. Pour tous les autres, il faut très souvent ouvrir le porte-monnaie chez le médecin. C'est le cas de Marion, qui souffre d'une maladie chronique.Elle avance environ 300 euros chaque mois :

Je n'ai pas toujours les moyens d'avancer les frais. Le mois dernier, par exemple, j'ai fait refaire des semelles orthopédiques, cela m'a coûté 100 euros, ce qui a été très délicat pour moi. La Sécu met toujours un peu de temps pour rembourser. Même chose pour la mutuelle. Ce sont de longues semaines d'attente.

Levée de boucliers chez les médecins

La généralisation du tiers-payant, d'accord, disent les médecins, mais pour le moment, les modalités techniques n'ont pas clairement été définies.

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Le syndicat de généralistes MG France craint les retards de paiement et surtout la surcharge administrative. Claude Leicher, son président, regrette la complexité du système proposé :

Par exemple, le régime obligatoire paierait une partie et le régime complémentaire paierait le reste. Cela veut donc dire que nous devons surveiller l'arrivée de deux flux d'argent. Nous ne sommes pas là pour faire notre comptabilité toute la journée !

"La généralisation du tiers payant est une avancée pour les patients, ça ne change en rien l'exercice des professionnels de santé", a répondu Marisol Touraine lors de la présentation des grandes orientations du projet de loi. "La façon dont ils portent leur exercice, dont ils conçoivent la relation avec leur patient n'est pas affectée".

Les autres mesures annoncées par Marisol Touraine

  • L'instauration pour les enfants d'un médecin traitant, une mesure qui n'est pour l'heure obligatoire qu'à partir de 16 ans, et la généralisation de messages de prévention tout au cours du parcours scolaire, devraient figurer dans le texte.

  • La mise en place d'un code couleur sur les emballages des aliments, afin d'identifier plus facilement leur qualité nutritionnelle, est quant à elle à l'étude.

  • Un numéro d'appel unique à trois chiffres serait mis en place "dans chaque département" pour pouvoir joindre un médecin 24 heures sur 24.
  • Le gouvernement envisage enfinl'instauration d'une action de groupe pour les patients victimes de dommages médicaux dus à leurs traitements.
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