Les évêques de France se réunissent ce lundi jusqu'à mercredi pour travailler sur la lutte contre la pédocriminalité et, en particulier, sur la question de la responsabilité de l'Église. Une notion qui fait encore débat au sein de l'épiscopat alors que les attentes des victimes sont fortes.

La question de la mise en place d'un mémorial unique en France ou d'un mémorial pour chaque diocèse est encore en question.
La question de la mise en place d'un mémorial unique en France ou d'un mémorial pour chaque diocèse est encore en question. © AFP / Mathieu Thomasset

Une Assemblée extraordinaire pour aborder la question de la pédocriminalité au sein de l'Eglise. Les évêques de France participent à partir de ce lundi et pendant trois jours à une visio-conférence pour aborder la sensible question de la responsabilité de l'Eglise dans les affaires de violences sexuelles révélées ces dernières années. Parmi les autres sujets sur la table, il sera aussi question de la prise en charge des coupables, de la prévention et de l'indemnisation des victimes ou encore de la mise en place d'un mémorial

Pour l'instant, personne ne sait vraiment à quoi ce mémorial pourrait ressembler. Mais il sera bien physique et non virtuel. Sa mission est claire : rendre hommage aux victimes et rappeler à l'Église catholique ses dérives. Olivier Savignac, agressé par un prêtre en 1993 et aujourd'hui président d’association de victimes, discutera de la question aux côtés des évêques cette semaine. Pour lui, l'intérêt de ce mémorial est double : 

"Cela sera à la fois une présence visible du traumatisme et à la fois un équipement muséographique avec des témoignages audios et vidéos." 

La ville de Lourdes pourrait bien être le lieu désigné pour un tel mémorial, avec ses 6 millions de pèlerins annuels. C'est l'une des pistes évoquées par Vincent Neymon, porte-parole de la Conférence des Evêques de France. Mais selon lui, ce n'est pas la seule envisagée : "Est-ce qu'il y aura un lieu unique ou un lieu par diocèse ? Ce sont des questions qui, aujourd'hui, ne sont pas résolues." Il voit ces mémoriaux à la fois comme un outil pour "faire mémoire" mais aussi comme un "moyen d'influencer les personnes qui viennent, afin qu'elles soient vigilantes pour que de telles choses ne se reproduisent pas.

Localement, plusieurs initiatives voient déjà le jour. C'est le cas au diocèse de Luçon, qui a annoncé la pose d’une plaque commémorative sur la cathédrale en hommage aux 65 victimes recensées en Vendée par l'Évêché depuis les années 1940.

Certains associations de victimes demandent à ce qu'aucune décision ne soit prise à l'issue de cette Assemblée. La semaine prochaine, une première ébauche du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise (CIASE) doit être présentée. Pour ces associations, la réponse à donner doit dépendre de l'ampleur des résultats recensés. 

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