Le ministère de l'Education nationale présente ce mercredi un bilan des classes dédoublées. Il s'agit des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire. C'était LA grande mesure d'Emmanuel Macron : des effectifs à 12 pour favoriser les premiers apprentissages. Bilan à l'école Jacques Prévert.

Les élèves ont de l'avance dans les programmes expliquent-t-ils
Les élèves ont de l'avance dans les programmes expliquent-t-ils © Getty / Godong

Dans cette école de Corbeil-Essonnes, que nous avons suivie depuis un an et demi, depuis l'entrée des élèves en CP dédoublé, ils sont maintenant en CE1 dédoublé et ils ont fait beaucoup de progrès. 

Mélanie Salson, enseignante en CP dédoublé pour la deuxième année, est enthousiaste. Elle mesure les effets très positifs sur les élèves : "C'est un privilège, le CP dédoublé, explique-t-elle, dans le sens où l'enseignant a quand même beaucoup plus de temps à consacrer à chaque enfant. C'est presque une pédagogie individualisée je dirais. 

Ça nous permet de résoudre beaucoup de difficultés, pas toutes évidemment, ce n'est pas non plus miraculeux, mais aucun enfant n'est à la marge, aucun enfant ne reste sur le carreau, tous les enfants sont dans une position de réussite

Pour l'enseignante, le gain se voir aussi coté autonomie des enfants. "Mes élèves qui sont cette année en C1, ont gardé toute cette autonomie et ça c'est quand même un luxe pour travailler quand on est à l'école. Je vois bien aussi que tout cet apprentissage de la lecture qu'ils ont eu l'année dernière, ça leur permet aujourd'hui de mieux comprendre des textes", explique Mélanie Salson. "Parce que maintenant qu'ils ont bien appris à décoder, il passent sur de la compréhension, donc c'est vrai que pour eux c'est quand même une chance."

Bilan mitigé sur l'autonomie

Pour Vincent Vera, enseignant de la classe de CE1 dédoublé, le bilan est très positif en ce qui concerne les apprentissages, mais avec au contraire un bémol coté autonomie : 

Le problème, c'est qu'à 12, ils prennent l'habitude de demander beaucoup à l'enseignant

"Ils me sollicitent beaucoup", explique-t-il, "parce que à 12 forcément le maître a beaucoup plus de disponibilité qu'à 24,  alors que l'objectif du 12, pour moi, c'est vraiment de les faire devenir autonome et qu'ils arrivent à débrouiller sans l'enseignant." Alors pour éviter un trop grand changement en CE2, où les élèves seront en classe normale, les deux CE1 sont réunis tous les après-midi.   

Quant aux élèves, les enfants ont pris l'habitude de travailler dans le calme en petits groupes. Ils apprécient et Ibrahim et Zarianti remarquent que, comme ça, "on travaille bien" et que "le maître n'est pas fatigué".

Des élèves qui ont aussi de l'avance dans les programmes. Neslihan s'en est rendu compte : "Je trouve qu'on travaille plus vite parce que normalement moi j'ai cru qu'on allait travailler les centaines dans longtemps, alors que maintenant qu'on connait les dizaines et les unités, on commence déjà les centaines" explique-t-il.  

Les évaluations montrent également que les enfants réussissent mieux.

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