Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblées devant le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour réclamer "justice pour Théo".

Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés samedi après-midi à Bobigny en soutien à Théo
Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés samedi après-midi à Bobigny en soutien à Théo © Radio France / Thibault Lefevre

Deux mille manifestants s'étaient rassemblés samedi devant le tribunal de Bobigny pour réclamer "Justice pour Théo", le jeune homme qui accuse la police de viol, subi lors d'une interpellation brutale à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) le 2 février dernier. La manifestation, encadrée par des forces de police en nombre, a dégénéré en fin d'après-midi, après plusieurs minutes de tension. Une trentaine de personne a été interpellée.

Jets de pierre sur la police, un camion technique de RTL incendiée, vitres brisée. La manifestation où le public était très diversifié et qui s'est déroulée dans le calme, a dégénéré vers 17h30. Des casseurs s'en sont pris à des vitres d'immeubles et au mobilier urbain et deux voitures ont été incendiées en marge de la manifestation. Un adoléscent de 16 ans a sauvé des flammes une petite fille, restée tétanisée dans une des voitures.

La police ne représente pas la sécurité, on a peur d'eux

Ecoutez le reportage de Thibault Lefevre

Après la fin du rassemblement, des incidents isolés se sont poursuivis jusqu'à minuit environ, à Bobigny et dans les communes proches, a expliqué la source policière.

La manifestation avait pourtant commencé dans le calme, les manifestant expliquant que les violences les concernaient tous. "La police viole", "Comment peut-on dire que c'est un accident ?", la police tue des innocents", "je ne suis pas un bamboula", pouvait-on lire sur des pancartes, en référence notamment aux propos d'un responsable syndical policier pour qui l'insulte "bamboula" était "à peu près convenable".

Les manifestants ont scandé des slogans dénonçant les violences policières et notamment la mort d'Adama Traoré, décédé lors de son interpellation l'été dernier dans le Val-d'Oise.

Les débordements ont été condamnés par le président de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel (PS), qui a dénoncé le fait que certains bâtiments du Conseil départemental aient "été visés".

D'autres manifestations, sans incidents, ont également eu lieu à Lyon, Rouen ou encore Toulouse où 500 personnes environ se sont rassemblées place du Capitol, avant qu'une manifestation spontanée se forme.

Ecoutez le reportage à Toulouse de Benjamin Billot

A Rouen, quelque 200 personnes ont manifesté dans un climat tendu. Des abribus ont été dégradés, des poubelles incendiées et une caserne de gendarmerie dégradée, selon la préfecture.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.