Un peu moins de deux jours après la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge dans l'Essonne, le bilan de l'accident reste de six morts et de plusieurs dizaines de blessés. La SNCF a diffusé des photos des rails endommagés.L'hypothèse de la défaillance d'une pièce d'un aiguillage.

La thèse de la défaillance matérielle

: elle a publié sur Twitter les photos de l’éclisse, la pièce métallique mise en cause dans le déraillement du train Paris-Limoges à Brétigny :

  • Les précisions de Florent Guyotat :

Une trace de choc [...] provoquée par l'éclisse.

Trois enquêtes ont été engagées. En attendant les résultats, la SNCF privilégie la thèse de la défaillance d'une pièce d'acier de dix kilogrammes dans le système d'aiguillage . Selon Pierre Izard, le directeur général des infrastructures de la SNCF :

L'éclisse (pièce métallique qui relie deux rails) s'est désolidarisée, elle s'est détachée, elle est sortie de son logement. Elle est venue se loger au centre de l'aiguillage et, à cet endroit, elle a empêché le passage normal des roues du train et aurait provoqué le déraillement.

L'aiguillage avait été contrôlé le 4 juillet , selon la SNCF. Une demi-heure avant la catastrophe, un autre train était passé et aucune anomalie n'avait été relevée.Les voitures et la locomotive du Paris-Limoges étaient "à jour de toute vérification". La SNCF va contrôler les 5 000 pièces semblables du réseau.

Son ministre de tutelle, Frédéric Cuvillier, a cité l'obsolescence des infrastructures ferroviaires françaises:

Le constat est sévère avec une dégradation ces dernières années, faute de moyens consacrés aux lignes classiques.

Tout comme François Hollande lors de son allocution du 14 juillet :

Je pense que nous sommes devant une défaillance matérielle. La première conclusion que nous tirons, c'est de faire que dans les investissements nous mettions la priorité sur les lignes classiques, Intercités. Nous devons faire beaucoup plus pour l'entretien des lignes classiques existantes.

Les autres pistes semblent écartées , notamment celle d'une fragilisation de la structure liée à des travaux récents et celle de l'erreur humaine. Le train, transportant 385 voyageurs, roulait à 137 km/heure, sous les 150 km/h autorisés.

Bilan défintif : six morts

Les sauveteurs ont achevé samedi leur mission à la gare de Brétigny-sur-Orge où les opérations se sont poursuivies pour soulever les voitures endommagées. Après avoir déplacé en début de soirée samedi la voiture la plus abîmée des quatre qui se sont couchées à la gare de Brétigny-sur-Orge, les secouristes n'ont pas découvert d'autres victimes comme cela était redouté sur ce Paris-Limoges. Selon le préfet de l'Essonne, Michel Fuzeau :

Nous sommes maintenant assurés qu'il n'y a pas de victimes supplémentaires. Le bilan devient définitif, avec six décédés. Il n' y a plus que 16 blessés hospitalisés.

Selon une source proche de l'enquête, les six morts étaient un couple d'octogénaires , deux jeunes hommes de 20 et 23 ans originaires de l'Essonne ainsi qu'une jeune femme de 27 ans et un sexagénaire originaire du Limousin . :

Il est probable que deux étaient dans le train, tandis que quatre ont été (fauchés) sur le quai.

Les victimes souhaitant un soutien psychologique peuvent appeller le numéro vert 0 800 120 821 .

Il va falloir plusieurs jours à la SNCF pour remettre en état la gare de Brétigny et les voies. Toujours selon le Préfet :

La suite des opérations, c'est la SNCF qui va reprendre le chantier d'une autre façon. On n'est plus dans le sauvetage ni dans la phase enquête. Il va s'agir pour elle (la SNCF, ndlr) de dégager la voie, au lieu de commencer par la voiture la plus au sud, elle va au contraire commencer par les voitures les plus au nord pour faire un dégagement progressif de la voie.

> La catastrophe, les premiers témoignages, les premières hypothèses

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.