L'accident de Bretigny
L'accident de Bretigny © Radio France

Une pièce de métal défaillante dans l'aiguillage de la voie sur laquelle circulait le train accidenté vendredi en gare de Brétigny-sur-Orge serait à l'origine du déraillement du Paris-Limoges. Bilan : six morts et huit blessés grave.Parmi les six morts : quatre hommes et deux femmes âgés de 19 à 82 ans.

Le train est parti de Paris-Austerlitz en direction de Limoges. Il s'est scindé en deux pour une raison encore inconnue en arrivant à grande vitesse en gare de Brétigny-sur-Orge. L'accident s'est produit à 17h14 .

Au passage de la gare, quatre wagons ont déraillé pour une raison encore inconnue. L'un s'est couché sur la voie et les trois autres ont traversé le quai central et se sont enchevêtrés de l'autre côté.

L'accident a provoqué les décès de six personnes, quatre hommes et deux femmes âgés de 19 à 82 ans. Huit autres sont gravement blessés.

Selon le préfet de l'Essonne Michel Fuzeau :

Le bilan n'est pas définitif, ça reste un bilan provisoire même si nous espérons que nous en resterons là.

Les dispositifs de secours ont été maintenus sur place en attendant le relèvement d'un wagon retourné. Le passage au cours de la nuit d'une équipe cynophile des pompiers n'a pas détecté de traces de victimes supplémentaires

Selon la SNCF, le trafic est interrompu "jusqu'à nouvel avis" au départ et à l'arrivée de la gare de Paris Austerlitz. Le trafic devrait "progressivement" reprendre dans deux à trois jours .

Le temps est suspendu (le reportage de Vincent Giraldo)

Une minute de silence a été observée samedi à 12h à la gare d'Austerlitz et dans toutes les gares de France en mémoire des victimes de la catastophe.

L'enquête avance

Après les premiers constats de la nuit de la SNCF, Pierre Izard , directeur général des infrastructures précise :

Cette éclisse (sorte d'agrafe en acier qui relie deux rails dans un aiguillage) s'est désolidarisée, elle s'est détachée, elle est sortie de son logement. A cet endroit, elle a empêché le passage des roues du trainet elle aurait provoqué le déraillement. Sans attendre d'autres éléments des enquêtes qui se poursuivent, ceci nous conduit à engager dès demain une campagne de vérification des éclisses similaires sur les 5 000 équipements de cette nature qui existent sur le réseau ferré.

Le président de Réseau ferré de France, Jean-Claude Rapoport a pour sa part souligné que l'aiguillage en question avait été vérifié lors d'une inspection régulière le 4 juillet dernier.

Guillaume Pépy a précisé que trois enquêtes avaient commencé sous l'autorité de la justice :

La désolidarisation de cette éclisse du rail est l'objet même des enquêtes judiciaire et techniques en cours

Les enquêtes sont menées par la justice, la SNCF et le bureau accident du ministère des Transports. La SNCF et le ministère des Transports ont néanmoins rapporté que le train circulait à une vitesse normale de 137 km/h.

Invité samedi matin sur France Inter, me ministre des Transports,Férédric Cuvillier sur France Inter samedi matin a reconnu que certaines infrastructures étaient vétustes :

Les infrastructures classiques n'ont pas connu un niveau d'entretien suffisant.

Pierre Serne , vice-président de la région Ile-de-France chargé des transports, a mis en cause le manque d'investissements sur cette ligne très utilisée, qui dessert à la fois la grande banlieue de Paris et le centre de la France :

On est en train d'essayer de faire remonter ce réseau qui a beaucoup souffert ces dernières décennies et sur lesquels, on l'a dit et répété, la maintenance du réseau a mal été faite ces dernières décennies.

Même son de cloche pour Jean-Claude Sandrier , président de l'association interrégionale Centre, Limousin, Midi Pyrénées pour le développement de la grande ligne ferroviaire existante entre Paris, Orléans, Limoges et Toulouse.

Une ligne qui a été plus ou moins abandonnée depuis dix ans.

Le syndicat SUD-Rail a lui appelé à la tenue d'une réunion entre représentants de l'Etat, de la SNCF, de Réseau ferré de France (RFF) et des syndicats concernant la gestion du système ferroviaire. Alain Cambi, secrétaire fédéral de Sud-Rail est au micro de Maxime Debs

Je vais pas m'amuser à dire, ça c'est la faute à ...

Dans la presse, la grande majorité des éditorialistes estimait samedi que l'accident allait inévitablement donner lieu à une polémique sur l'état du réseau.

Les témoignages des victimes

Jean- François, passager du train (le reportage de Nathalie Col)

Les secours ont été parfaits.

Le témoignage de Laurent :

Des blessés et des décès

Le témoignage de Kalissa :

J'ai vu le train qui a lâché l'autre wagon et qui est rentré dans le quai.

Le témoignage d'Annie :

On a ressenti un gros choc dans le train [...] Je suis dans un wagon qui s'est couché sur la voie.

La réaction des autorités

François Hollande est arrivé à Bretigny peu après 20h, vendredi soir pour saluer

la mobilisation des services de secours. Tous ceux qui pouvaient intervenir vite l'ont fait dans des conditions qui ne souffrent aucune discussion. L'enquête devra déterminer la cause de ce qui s'est produit dans cette gare.

Le Président a ensuite annoncé que la gare serait fermée trois jours :

Pendant trois jours, il n'y aura plus de circulation dans cette gare donc ça va entraîner des conséquences sur un certain nombre de trains, et notamment RER. Et je veux que tous ceux qui empruntent ces voies de communication comprennent de quoi il s'agit et que ça aura des conséquences sur leurs propres moyens de transports pendant trois jours. Ca ira très vite car j'ai demandé là encore que les travaux puissent être engagés dans un délai le plus prompt possible.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls , en déplacement dans le sud de la France s'est exprimé peu de temps après la catastrophe.

Le bilan à ce stade est en constante évolution malheureusement et va s'alourdir sans doute. A ce stade, il y aurait sept personnes décédées, plusieurs dizaines de blessés, dont certains sont graves.

Guillaume Pépy, le PDG de la SNCF s'est lui aussi rendu sur place :

Ce train a déraillé [...] les enquêtes ont commencé.

Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls, Jean-Vincent Placé, Jean-Paul Huchon ont eux aussi fait le déplacement dans la soirée de vendredi.

Les images de la catastrophe sur Twitter

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