[scald=46725:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - L'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a révélé à l'un des proches de Nicolas Sarkozy mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi qu'un témoin l'avait mis en cause dans une déposition confidentielle devant les enquêteurs, rapporte vendredi le quotidien Le Monde.

Thierry Gaubert, conseiller de l'actuel président lorsqu'il était ministre du Budget en 1993-1995, a été mis en examen mercredi pour "recel d'abus de biens sociaux" dans ce dossier de financement politique présumé de la campagne d'Edouard Balladur en marge de contrats de ventes d'armes.

Son épouse, Hélène de Yougoslavie, aurait, selon Le Monde, accusé son mari de s'être rendu en Suisse en 1995 pour prendre livraison d'espèces qu'il aurait remises à Nicolas Bazire, alors directeur de campagne d'Edouard Balladur. Nicolas Bazire a également été mis en examen jeudi.

Selon le site internet du quotidien, Brice Hortefeux a eu connaissance de la teneur de la déposition de l'épouse de Thierry Gaubert et il appelé ce dernier le 14 septembre pour l'avertir des dangers qu'il encourait.

"Elle balance beaucoup apparemment Hélène", lui a dit l'ex-ministre de l'Intérieur, autre proche de Nicolas Sarkozy, selon des extraits de la conversation dont Le Monde dit avoir eu connaissance. "Il y a beaucoup de choses, hein."

La mention par l'Elysée, dans un communiqué publié jeudi, d'un examen exhaustif du dossier judiciaire de l'attentat de Karachi avait déjà fait réagir le principal syndicat de magistrats français, qui dénonce une violation du secret de l'instruction.

L'Elysée a en effet écrit que "le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier, n'a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier".

L'Union syndicale des magistrats répond dans un communiqué qu'elle se demande comment la présidence peut le savoir, puisqu'en principe elle n'a pas accès aux dossiers des trois informations judiciaires visant l'attentat de Karachi et ses développements financiers.

L'USM dit s'étonner "que les services de la Présidence de la République fassent aussi clairement référence au contenu des pièces d'une procédure judiciaire, montrant qu'ils ont pu en avoir connaissance, dans l'irrespect apparent du secret de l'instruction".

L'accès aux pièces du dossier judiciaire serait éventuellement possible pour l'Elysée, moyennant une violation du secret de l'instruction, si le parquet qui a accès à la procédure l'avait communiquée au ministère, son autorité de tutelle, qui l'aurait remis à la présidence.

Yves Clarisse, édité par Marc Angrand

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