INFO FRANCE INTER, Brigitte Macron s’est investie pour lutter aux cotés du ministre de l’Education nationale contre le harcèlement scolaire et ses dérives sur Internet. La première dame désire désormais exporter son combat à l’international et souhaite coaliser tous les conjoints de chefs d’Etat contre ce fléau.

Brigitte Macron à l’école secondaire publique De La Salle à Ottawa avec Sophie Gregoire Trudeau.
Brigitte Macron à l’école secondaire publique De La Salle à Ottawa avec Sophie Gregoire Trudeau. © Radio France / Cyril Graziani

Au micro de France Inter, l’ancienne professeure raconte son expérience personnelle. "Quand je connaissais les harceleurs, j’allais me les encadrer, c’est-à-dire qu’ils passaient un très sale quart d’heure". Mais depuis Internet est passé par là. "Avant ça se passait au sein même des établissements, maintenant c’est dans leur chambre, face à leur ordinateur, que les enfants sont harcelés".

L'interview de Brigitte Macron au micro de Cyril Graziani :

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Brigitte Macron s'exprime sur le harcèlement scolaire

Par Cyril Graziani

Mercredi, lors de son premier jour de visite au Canada, elle a rencontré les élèves d’un lycée d’un quartier populaire de la capitale canadienne. Avec eux, elle a pu discuter de "l’intimidation", l’autre nom au Canada du harcèlement.  

A ses côtés, Sophie Gregoire Trudeau, l’épouse du premier ministre canadien Justin Trudeau semble sensibilisée, elle aussi, à cette cause. Tout comme Melania Trump.

"Lors de la visite d’Etat à Washington, Brigitte Macron a convaincu Melania de s’engager à ses côtés. Elle a accepté tout de suite", confie un membre du cabinet de la première dame. Maintenant au tour des autres. Brigitte Macron aimerait faire adhérer tous les conjoints des membres du G20. "Je me suis rendu compte que toutes les premières dames sont interpellées. Plus on sera nombreuses, plus on sera entendues par les GAFAM"

Dans son viseur : les GAFAM

Dans son viseur : les GAFAM. Les géants du net, qui restent les bras croisés. "On ne va pas partir en  guerre à Internet, on n’est pas des Don Quichotte", temporise Brigitte Macron. Mais au moins tenter de les responsabiliser.  "Si on s’unit, on peut y arriver car les GAFAM, aujourd’hui vous disent 'oui on sait que c’est un problème', mais ils ne font rien".

Brigitte Macron a trouvé son cheval de bataille à l’étranger et progressivement prend conscience des rôles qu’elle peut jouer, pour ne plus être dans l’ombre du président. 

Quand certaines ex premières dames se définissaient comme "l’atout cœur du président" (Itw de Valerie Trierweiler sur France Inter en juin 2012), elle avait du mal à définir son rôle. "Elle se cherche, assure une proche de la première dame , elle vole comme un papillon au dessus des projets"

Le harcèlement scolaire en France et à l’étranger

Le harcèlement scolaire en France et à l’étranger. L’inclusion pour les enfants handicapés. Elle s’est d’ailleurs longuement entretenu mardi à Clairefontaine avec le joueur de l’équipe de France Florian Thauvin, très investi dans cette cause à Marseille. Les violences faites aux femmes. "Il ne faut pas aller sur les terrains de politique gouvernementale,  prévient néanmoins un visiteur du soir, car elle risque de faire de l’ombre aux ministres concernés par ces projets". Certains lui conseillent de cibler des causer plus positives "le savoir- faire à la française". Elle n’en a cure. Ces sujets sociétaux, elle ne compte pas les délaisser car pour Brigitte Macron qui aime citer André Gide : "Choisir c’est renoncer".

Au-delà des projets qu’elle veut porter personnellement, elle n’oublie pas qu’ elle et son mari forment une équipe. "Elle fait ce que parfois le président ne peut pas faire", lâche un proche conseiller de l’Elysée. Ne peut pas faire… et ne peut pas dire. Cela a été le cas à Washington lors de visite d’Etat du couple fin avril. Brigitte Macron s’est offert une visite à la Duke ellington school of arts dans le quartier branché de Georgetown et a notamment discuté avec une artiste qui milite contre les armes aux Etats-Unis et la puissante NRA, le lobby pro-armes américain. Un sujet que n’a pas évoqué son mari avec Donald Trump mais qui lui tenait à cœur, "ainsi qu’au président", poursuit la même source. 

« Mais où est Brigitte ? »

L’un ne va pas sans l’autre. Très souvent pendant la campagne, Emmanuel Macron s’exclamait "Mais où est Brigitte ?". Il la cherche en permanence, c’est son point d’équilibre, la boussole du couple. "Elle rappelle à son mari le nord, quand il veut mettre le cap au sud en pensant que c’est le nord", raconte un intime des époux Macron. Une boussole qui passe au laser tous les gens qu’elle rencontre. "Elle sait déceler les gens utiles, inutiles, les loyaux, les déloyaux et si elle ne vous sent pas, n’imaginez pas pouvoir approcher le président", raconte un ami … qui a, avec succès, passé le test Brigitte. 

C’est la dernière personne avec qui il peut parler avant de se coucher. Le 29 mai, alors qu’elle visitait un lycée de Bagnolet, à la pointe sur le combat contre le harcèlement scolaire, elle lance aux lycéens, professeurs, parents d’élèves : "Faites remonter vos questions au président, je lui en parlerai ce soir"

Avec elle, il teste ses idées, lui relit ses discours. Elle écoute, ne manque pas de le conseiller, de le contredire même souvent, y compris dans les allées du palais. "Elle est toujours de notre côté face à Emmanuel Macron", sourit un conseiller technique de l’Elysée. Au retour d’un voyage dans l’avion présidentiel,  Emmanuel Macron demande à ses équipes de le retrouver pour un debriefing. "Pas question, ils sont crevés, ils doivent se reposer et nous aussi", balance Brigitte devant tout le monde. Les conseillers, exténués ont apprécié le geste de "la maîtresse des horloges". 

Au palais, elle fait l’unanimité. Ne tentez pas de chercher quelqu’un qui la dénigre, "ça n’existe pas". "Sa gentillesse est naturelle. Elle est omniprésente là où certaines comme Julie Gayet, évitait au maximum les allées du palais mais avait un tas d’exigences, notamment un thé bien particulier, se souvient un fonctionnaire resté en poste. Quand Brigitte Macron veut du thé, elle se le prépare"

Brigitte Macron plus politique qu’on ne le croit

Des membres du cabinet louent sa modernité, "elle est parfois plus moderne que le président. Discutez avec elle de musique, elle est bluffante", tranche même un conseiller présidentiel. Coéquipière du président, Brigitte Macron est bien plus politique qu’on ne le croit. 

La présence de la première dame est remarquée les lundi soir, lors des fameux dîners de la majorité au palais avec le premier cercle d’Emmanuel Macron. Brigitte Macron a son rond de serviettes aux cotés des ministres et ne manque pas de "donner son point de vue quand on lui demande", raconte sous couvert d’anonymat un ministre. 

Bien sûr, qu’elle a un rôle politique, elle contribue à faire en sorte que son mari puisse gouverner, décrypte un proche conseiller du chef de l’Etat. Le couple c’est une stabilité.

Si elle est quasiment présente à tous les déplacements étrangers, en France, en effet, elle se fait plus rare à ses côtés. Mais certains ont remarqué sa présence à chaque fois que le président dévissait dans les sondages. Ce fut le cas à Rouen, en avril, à la rencontre d’enfants autistes. "Lui c’est le quotient intellectuel, elle, elle a le côté émotionnel en plus", résume un ami du président. Mais ce qui faisait la force du couple pendant la campagne présidentielle, s’est progressivement dilué depuis leur arrivée à l’Elysée. "Elle devrait être là sur tous les sujets quand il va au contact des français. Elle sait les adoucir, quand lui est dans le combat au corps à corps". Good cop, bad cop.

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