Le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale est présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Objectif : 1,6 milliard d’euros d'économies sur le marché pharmaceutique.

Le gouvernement veut faire baisser le prix des médicaments pour faire faire des économies à la Sécurité sociale
Le gouvernement veut faire baisser le prix des médicaments pour faire faire des économies à la Sécurité sociale © Maxppp / BRIDE EDOUARD

En 2017, le budget de la Sécurité sociale sera presque à l'équilibre : le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, qui sera présenté ce mercredi matin en Conseil des ministres, prévoit un déficit de 400 millions d’euros “seulement” : un montant plutôt faible, comparé aux déficits des années précédentes.

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement a prévu de mettre une nouvelle fois l’assurance maladie au régime, et en particulier l’industrie pharmaceutique. “Pour la troisième année consécutive, les économies demandées au médicament atteignent près de la moitié des économies dans le champ de l’Ondam (objectif national des dépenses de l’assurance maladie)”, déplore la fédération française de l’industrie pharmaceutique, le Leem. Au total, selon Les Echos, le gouvernement veut économiser 1,81 milliard d’euros pour la seule branche pharmaceutique.

Baisse des prix des médicaments

Concrètement, qu’est-ce que cela va changer ? Le pivot le plus important de ce coup de rabot, c’est une baisse des prix des médicaments. A elles seules, ces baisses de prix doivent permettre à la Sécu d’économiser 500 millions d’euros (50 millions de moins que sur le budget 2016) : un médicament moins cher coûte mécaniquement moins cher à rembourser à l’Etat. Même chose avec les dispositifs médicaux, avec lequel l’Etat compte économiser 90 millions d’euros.

Le gouvernement souhaite également économiser 380 millions d’euros en jouant sur la bonne maîtrise des volumes de prescription par les médecins. C’est toutefois 20 millions de moins que l’an dernier. La promotion des génériques devrait permettre d’économiser 340 millions, et les économies sur les médicaments bio-similaires 30 milliards.

Pour atteindre son objectif de 1,8 milliard d’euros d’économies, l’Assurance maladie veut aussi récupérer 250 millions sur les remises accordées par les labos aux pharmaciens, et 220 millions normalement dédiés au médicaments innovants.

“Mécanique du rabot”

Pour Patrick Errard, président du Leem, invité ce mercredi de France Inter, cette “mécanique du rabot” annonce une récession de l’industrie pharmaceutique, notamment liée à la baisse de la contribution à l’innovation. “L’innovation, il faut l’envisager autrement que par le prisme du coût, mais comme un bénéfice pour la société”, explique-t-il.

Le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit toutefois la création d’un fonds de financement de l’innovation pharmaceutique. Objectif : lisser les fluctuations annuelles des coûts des médicaments innovants. Les économies réalisées cette année sur l’innovation devraient notamment être rattrapées les années suivantes grâce à ce fonds.

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