Selon une étude de l'Insee, les écarts entre hommes et femmes sont peu marqués en début de carrière. En revanche, c'est au fil des années, une fois installées sur le marché du travail, que les femmes sont sous-employées par rapport à leur disponibilité, et moins bien payées que les hommes.

Selon l'Insee,  une fois en emploi, les écarts en défaveur des femmes persistent en matière de sous-emploi et d’emploi à durée limitée et se creusent pour les salaires.
Selon l'Insee, une fois en emploi, les écarts en défaveur des femmes persistent en matière de sous-emploi et d’emploi à durée limitée et se creusent pour les salaires. © Getty / Image Source

Il y a au moins une nouvelle positive pour les femmes dans les constatations de l'Institut National de la statistique et des études économiques : en début de vie active, les femmes sont moins souvent au chômage que les hommes.

Le taux de chômage des femmes, qui était historiquement plus élevé que celui des hommes, est au même niveau depuis dix ans. En début de vie active, la situation des femmes est même plus favorable que celle des hommes : en 2018, 15 % des femmes actives débutant sur le marché du travail sont au chômage, soit 4 points de moins que les jeunes hommes.

Au début, la situation pour les femmes est donc plutôt favorable. C'est après que les choses se compliquent. 

La cause principale d'interruption d'activité pour les femmes reste la maternité et l'éducation des enfants. Ainsi, pour les débutants, l’inactivité est souvent le fait de personnes ayant repris des études ou qui ne sont pas disponibles, ou n’ont pas recherché activement du travail. Avec plus d’ancienneté, les motifs se diversifient : en particulier, s’occuper des enfants devient une motivation importante de l’inactivité, mais quasi exclusivement pour les femmes, ce qui augmente l’écart d’activité entre femmes et hommes.

Deux points sont par ailleurs à relever dans l'étude. Les femmes à temps partiel n'arrivent pas à obtenir plus d'heures de travail ou des contrats complémentaires. Les écarts de salaires au détriment des femmes s'aggravent au fil du temps. 

Les femmes plus souvent en situation de sous-emploi

Une fois en emploi, l'Insee souligne des situations plus défavorables pour les femmes, quelle que soit l’ancienneté. Les écarts en défaveur des femmes persistent en matière de sous-emploi et d’emploi à durée limitée et elles se creusent pour les salaires.

On entend par sous-emploi, le cas des personnes à temps partiel souhaitant travailler plus et disponibles pour le faire. 1 à 4 ans après la sortie de formation initiale, 12 % des femmes qui travaillent sont en situation de sous-emploi contre 7 % des hommes. Cet écart persiste quelle que soit l’ancienneté de sortie de formation initiale.

Part de sous-emploi en 2018 selon le sexe et la durée depuis la sortie de formation initiale
Part de sous-emploi en 2018 selon le sexe et la durée depuis la sortie de formation initiale / Insee

Des écarts de salaires quatre fois plus importants entre le début et la fin de carrière

La progression des salaires avec l’ancienneté est plus marquée pour les hommes que pour les femmes. Ainsi, alors que l’écart de salaire mensuel net médian s’élève à 100 euros pour les débutants (1 400 euros pour les jeunes femmes contre 1 500 euros pour les jeunes hommes), il atteint 410 euros à partir de 11 ans d’ancienneté (1 590 euros contre 2 000 euros). Cela est une moyenne concernant les salariés à temps complet et partiel. 

Salaire mensuel net médian en 2018 selon le sexe et la durée depuis la sortie de formation initiale
Salaire mensuel net médian en 2018 selon le sexe et la durée depuis la sortie de formation initiale / Insee

L'écart est moins important si on fait la moyenne sur les seuls salariés à temps complet. Là, l’écart de salaire médian est moindre, passant de 70 euros entre 1 et 4 ans après la fin des études à 230 euros à partir de 11 ans d’ancienneté. 

Ces écarts défavorables aux femmes persistent néanmoins. Les jeunes femmes ont plus souvent suivi des études menant à des niveaux de rémunération plus élevés que leurs homologues masculins. Mais d’autres facteurs influent aussi sur les rémunérations (positions socioprofessionnelles moins favorables dans des secteurs d’activité moins rémunérateurs, effet des interruptions d’activité sur les trajectoires professionnelles…).

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