La Covid-19 est venue bouleverser la logistique et les stocks des hôpitaux. Mais les leçons ont été tirées, et Bichat est désormais paré pour faire face à une possible deuxième vague. Reportage entre les montagnes de cartons.

Devant certaines palettes, un "C" rouge tracé au sol, pour "Covid-19"
Devant certaines palettes, un "C" rouge tracé au sol, pour "Covid-19" © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Au sous-sol de l'hôpital Bichat, dans le 18ème arrondissement de Paris, il y a une vaste salle où s'entassent des montagnes de cartons. C'est ce que le personnel appelle le "magasin" : l'endroit où sont stockés tous les produits pour approvisionner l'intégralité des services de l'établissement. "Et notamment les produits qui nous ont servis à passer la crise du coronavirus", indique Mathilde Maguis, la directrice de la logistique. "Vous allez retrouver des masques, des surblouses, des tabliers… Tous les équipements de protection distribués aux professionnels." La logistique tiendra-t-elle le coup dans l'éventualité d'une seconde vague ? "Pour y faire face, nous avons constitué des stocks de sécurité. Trente jours de stock sur les articles les plus utilisés pendant la crise Covid." 

Des montagnes de cartons où sont stockés blouses, masques, surblouses...
Des montagnes de cartons où sont stockés blouses, masques, surblouses... © Radio France / Louis-Valentin Lopez

"On a dû répondre à un double défi"

"Comme beaucoup d’hôpitaux, on n’était pas préparés à un événement de cette ampleur", reconnaît Mathilde Maguis. "On a travaillé en lien avec l’ensemble des services pour répondre aux besoins. On a dû répondre à un double défi : en terme d’approvisionnement, et en terme de distribution."  Au plus fort de l'épidémie, "on a été obligé de mettre en place une dotation par service, en fonction du personnel", précise Gisèle Bendjelloul, cadre supérieure en équipe d'hygiène : "On les distribuait trois fois par semaine. Là, on est passé à deux fois par semaine." Quand on passe devant certaines palettes, on remarque un "C" rouge, tracé au sol : "C" pour "Covid". Ces produits-là font partie du protocole sanitaire, qu'il est indispensable de respecter face au coronavirus.

Au premier rang de l'article le plus distribué durant la crise, le masque, bien évidemment : "On s’est rendu compte que notre consommation avait plus que doublée. On est aujourd’hui à 3,3 millions de masques, hors FFP2." Certains objets ont trouvé une nouvelle utilité, comme les charlottes et les tabliers. "Les charlottes, les tabliers, initialement, c’était surtout la cuisine. Les tabliers, aussi pour la distribution des repas." Des produits qui se sont finalement avérés être de bons équipements de protection face à la Covid-19.

Entreposés dans un coin, des masques envoyés par la Chine.
Entreposés dans un coin, des masques envoyés par la Chine. © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Le ballet des dons

Ce qui a aussi marqué les équipes, c'est l'immense élan de solidarité, la quantité gargantuesque de dons. Des dons d'ailleurs pas forcément faciles à gérer, souligne Fanny Brun-Grollier, coordinatrice logistique. Le plus gros challenge ? Les fleurs : "Quand certains jours arrivaient huit palettes de fleurs, d’orchidées ou de muguet, entreposées entre toutes les autres, il fallait les distribuer très rapidement pour satisfaire l’ensemble des agents, et surtout pour gagner de la place", explique-t-elle : "Comparativement, quand on avait du café ou du gel douche, on pouvait les stocker et s’occuper d’autre chose. La fleur était périssable, il fallait aller vite." 

Les fleurs et dons en tout genre affluent-t-ils toujours ? "Aujourd’hui l’élan de solidarité s’est calmé et quelque part tant mieux pour l’organisation, et c’est aussi signe que ça va mieux !", sourit Fanny Brun-Grollier. "Le ballet incessant de nos palettes, plus les palettes de dons, a été assez rock’n roll à gérer." Un ballet que les équipes logistiques, endurcies et aguerries par la première vague, sont désormais mieux à même d'orchestrer.

Un stock de masques FFP2
Un stock de masques FFP2 © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Aller plus loin ➤ L’hôpital est-il prêt pour une deuxième vague ? Édition spéciale, ce mercredi, du 13-14 en direct de l'hôpital Bichat

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