La campagne d'information auprès des habitants de la jungle de Calais a commencé ce dimanche. Un "travail de conviction" parfois difficile.

L'évacuation de la jungle de Calais commencera lundi à 8h
L'évacuation de la jungle de Calais commencera lundi à 8h © Maxppp / Etienne Laurent

Un flyer, écrit en sept langues, indiquant l'emplacement du "sas", le hangar situé à quelque 300m de la fameuse jungle de Calais, d'où partiront dès lundi les bus à destination des Centres d'accueil et d'orientation (CAO) partout en France : c'est le document qui est distribué dans le camp de migrants depuis ce dimanche après-midi par les services de l'Etat.

Quelques heures avant le démantèlement, qui doit commencer lundi matin à 8h, la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS), l'association la Vie Active, qui gère le Centre d'accueil provisoire et le centre d'accueil Jules-Ferry, et l'Audasse, une autre structure, mènent campagne dans les allées de la jungle pour informer les migrants des modalités du démantèlement.

"On leur confirme qu'il faut se tenir prêts pour demain" (Serge Szarzyncki, directeur de la cohésion départementale)

Le camp se vide déjà

L'Opfra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), qui mène aussi des maraudes sur le camp, cette campagne est un "travail de conviction". "On leur dit que Calais est une impasse et va disparaître, et qu'il faut qu'ils quittent Calais comme des milliers d'autres l'ont fait avant eux, qui à 70% ont obtenu l'asile", explique Pascal Brice, le président de l'organisation.

Petit à petit le camp se vide : des abris détruits, des échoppes abandonnées, la plupart des commerces de la principale rue de la jungle sont vides. "Les gérants de cet hôtel sont rentrés en Afghanistan, ils ont essayé d'atteindre l'Angleterre, sans réussite", raconte Mohammad, qui boit un thé devant ce qui n'est plus qu'un amas de bois et de verre.

"Abandonner les rêves de Grande-Bretagne"

Lui prendra un bus dès lundi matin pour demander l'asile. Si ça ne marche pas, il rentrera en Afghanistan lui aussi, assure-t-il. Mais l'opération séduction ne fonctionne pas avec tout le monde. "Il faudra nous forcer pour partir", explique Karhazi, venu d'Afghanistan. "Nous, on veut aller en Grande-Bretagne, pourquoi n'y a-t-il rien de prévu pour les majeurs ?" déplore-t-il, alors que les mineurs qui doivent rejoindre des membres de la famille pourront, eux, à terme, traverser la Manche.

"Des personnes restent à convaincre d'accepter les hébergements et d'abandonner leur rêve de Grande-Bretagne. C'est la partie la plus difficile car ça demande une réorientation et donc de la confiance et de la pédagogie", reconnait Didier Leschi, directeur général de l'Ofii (Office français de l'immigration et de l'intégration).

Partis vers Paris

Mais une partie des habitants du bidonville a d'ores et déjà quitté les lieux. François Guennoc, de l'association "L'Auberge des migrants", explique que "la majorité sont partis sur Paris, avec ou sans contact. Ceux qui sont partis avec un contact vont peut-être se cacher quelques semaines et essayer de revenir, les autres comptent sur l'ouverture des camps ou sur une demande d'asile". Mais pas un seul des centres d'accueil et d'orientation qui doivent accueillir les migrants à partir de lundi ne se situe dans la capitale.

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