Pour la troisième nuit consécutive, les forces de l'ordre et une partie des migrants de la "jungle" de la ville se sont affrontés aux abords du camp.

Migrants à Calais
Migrants à Calais © MaxPPP / Stéphanie Lecocq

Au milieu, des riverains de plus en plus inquiets, malgré un redéploiement des policiers pour les rassurer.

Tout a commencé par un face-à-face tendu vers 22h30 : insultes, jets de projectiles... Puis les forces de sécurité ont sorti les gaz lacrymogènes et le canon à eau, pour tenter de disperser les petits groupes de migrants présents sur place. Une heure plus tard, le calme revient petit à petit.

Comme ces dernières semaines, une dizaine de camions de CRS étaient positionnés près des campements de fortune où s'entassent les réfugiés. Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, 250 policiers étaient mobilisés au total ce mardi.

Les habitants pris entre deux feux

Des policiers et des CRS bien visibles : ils ont été redéployés dans la journée pour rassurer les riverains après deux premières nuits de tension . Les groupes de migrants avaient en effet tenté de bloquer la rocade portuaire, allant jusqu'à s'introduire dans les jardins de maisons voisins pour trouver du matériel. Les habitants se sont parfois retrouvés coincés entre le marteau et l'enclume.

Le reportage de Sophie Morlans

François Guénocque est l'un des responsables de l'Auberge des Migrants, dont les bénévoles interviennent dans la jungle.Il comprend l'exaspération des riverains mais n'est pas surpris par cette escalade :

Le 3 avril, quand le gouvernement venait d'obliger les migrants à s'installer sur ce terrain, on avait dit : l'été prochain ils seront 5 000, y'aura des bagarres, des gens qui vont monter sur l'autoroute . On ne peut pas dire que c'est une surprise, ce qui se passe aujourd'hui.

Certains habitants sont très choqués, et réclament l'intervention, ou a minima la présence de l'armée dans le secteur. La maire de Calais est sur cette ligne. Elle estime d'ailleurs que ces débordements, loin d'etre spontanés, sont avant tout savamment orchestré par des activistes comme les militants de "No Border", qui militent pour la suppression des frontières.

On est ici au conflit entre des "no borders", des passeurs, qui n'ont aucun intérêt à ce que la problématique des migrants se résolve , estime Natacha Bouchard.

Les violences sont le fait d'une simple poignée de migrants. Selon les chiffres officiels, ils sont encore 4 500 à vivre dans la jungle, et à subir eux aussi ces affrontements. Les autorités l'assurent : plus personne ne passe plus vers l'Angleterre .

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