Près de 15 000 cas de cancers pourraient être évités chaque année en France par une amélioration des conditions de vie et de la santé des populations les plus défavorisées.

Chambre d'hôpital de l'Institut Gustave Roussy de Villejuif
Chambre d'hôpital de l'Institut Gustave Roussy de Villejuif © Maxppp / Pascal Deloche

Selon une étude de plusieurs chercheurs publiée dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'Agence sanitaire Santé publique France (ex-INVS et INPES) , on constate ce lien entre cancer et pauvreté de manière encore plus importante chez les hommes que chez les femmes.

Le cancer du poumon est le cancer le plus concerné par ce lien. Il existe en fait un sur-risque des cancers des voies respiratoires et digestives hautes pour les populations des milieux défavorisés. Une plus grande incidence des cancers de l'estomac, du foie, des lèvres-bouche-pharynx est observée parmi les populations défavorisées dans les deux sexes, de même que les cancers du larynx, de l'œsophage, du pancréas et de la vessie chez les hommes et du cancer du col chez les femmes.

A chaque milieu ses cancers ?

La part des cas de cancers attribuables à un environnement socioéconomique défavorisé est la plus importante pour les cancers du larynx (30%), des lèvres-bouche-pharynx (26,6%), du poumon (19,9%) et de l'oesophage (16,7%) chez les hommes. Chez les femmes, pour les cancers des lèvres-bouche-pharynx (22,7%) et du col de l'utérus (21%) et de l'estomac (16,4%).

Il est difficile pour les chercheurs de trouver une explication satisfaisante pour la fréquence plus élevée de cancers de l'ovaire, du testicule et surtout de mélanome dans les milieux favorisés. "La surreprésentation du cancer de la prostate dans les milieux les plus favorisés, et dans une moindre mesure pour le cancer du sein, est sans doute très liée aux pratiques de dépistage plus fréquentes dans ces milieux et, pour la prostate, au sur-diagnostic très important constaté pour ce cancer qui évolue extrêmement lentement", selon l'un des auteurs.

Une étude inédite

Il s'agit de la première étude du genre en France portant sur les différents organes touchés. Elle concerne 189 144 personnes, dont 78 845 femmes, qui ont eu un cancer entre 2006 et 2009 et habitant dans l'un des 16 départements disposant d'un registre des cancers.

►►► LIRE | L'étude publiée dans le Bulletin épidémiologique du 7 février 2017 de Santé publique France

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