Avec plus de 33 degrés dans certaines chambres, les services de gériatrie de l'hôpital Paul Brousse à Villejuif, sont obligés d'utiliser des ventilateurs, pourtant déconseillés dans le cadre de la prévention de la Covid-19, pour éviter à leurs patients un coup de chaud qui pourrait leur être fatal.

Les bâtiments qui accueillent les services de gérontologie ont été construits à la fin des années 70 et sont très mal isolés
Les bâtiments qui accueillent les services de gérontologie ont été construits à la fin des années 70 et sont très mal isolés © DR

Dans le service de Christophe Trivalle, même les patients les plus agités restent apathiques devant leur verre de menthe à l'eau. Depuis le début de l'épisode de canicule, le gériatre tente de protéger ses patients du coup de chaleur. Mais construit à la fin des années 70, les locaux qui abritent son service Soin de Suite et de réadaptation/Alzheimer se sont transformés en de vraies fournaises. "Ils ne sont pas climatisés, ils sont mal aérés, il fait donc des chaleurs très très fortes, en particulier dans les chambres des malades où cela monte à plus de 33 degrés dans la chambre". 

Des ventilateurs même dans les chambres double.

Une chaleur extrêmement pénible également pour le personnel obligé de porter blouse et masque en permanence. Mais impossible de faire des courants d'air : dans les unités Alzheimer, les portes des services sont verrouillées pour éviter les fugues, les fenêtres ne peuvent que s’entrebâiller de quelques centimètres. Christophe Trivalle est donc obligé d'aller à l'encontre des recommandations contre la Covid-19. "Tous les brasseurs d'air dans les couloirs fonctionnent. Dans les salles à manger de temps en temps on rajoute des ventilateurs pour essayer de faire une circulation d'air avec l'air frais qui arrive des refroidisseurs, même dans les chambres double on a mis des ventilateurs" décrit le chef de service qui n'a pas vraiment le choix : "Si on n'utilise pas les ventilateurs et les brasseur d'air, la mortalité et les conséquences vont être dramatiques

Pour éviter la déshydratation, de nombreux patients sont perfusés la nuit.

Malgré les ventilateurs, la température descend difficilement et certains patients doivent être hydratés intensément explique le gériatre : "Beaucoup de malades ont des perfusions sous-cutanées la nuit pour éviter la déshydratation. Mais évidemment vu le nombre de malades, si ils ont tous besoin d'une perfusion, il faut des soignants en nombre suffisant pour pouvoir les perfuser." Ce qui ne serait pas le cas. Selon le médecin, il manque cet été 40 infirmières dans les services de gériatrie de l'hôpital Paul Brousse. 

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