À Paris, l'association PAV75 vient en aide aux victimes d'événements dramatiques, des attentats aux derniers incendies mortels de la rue Erlanger ou de la rue de Trévise. Chaque année, elle est chargée de recueillir la détresse matérielle et psychologique de centaines de sinistrés.

Carole Damiani, directrice de l'association "Paris Aide aux victimes" (PAV75)
Carole Damiani, directrice de l'association "Paris Aide aux victimes" (PAV75) © Radio France / Béatrice Dugué

Récemment sollicitée pour l'incendie de la rue Erlanger ou, quelques jours plus tôt, pour l'explosion d'un immeuble de la rue de Trévise, l'association "Paris aide aux victimes (PAV75)" offre ses services de soutien psychologique et matériel aux sinistrés. L'année dernière, près de 12.000 personnes ont fait appel à elle. Avec seulement trois permanents à sa naissance il y a 30 ans, l'association compte aujourd'hui une vingtaine de personnes, avec des renforts ponctuels. Carole Damiani, directrice de l'association, revient sur le rôle de sa structure, toujours plus sollicitée au cours de ces dernières années.

Comment fonctionne l'aide aux victimes ? 

"L'association fonctionne avec un comité local d'aide aux victimes, avec le préfet, le parquet, la ville de Paris, et tous les partenaires concernés par ces soutiens (assurance, fond de garantie, services sociaux municipaux). Ainsi réunis, on cherche tous ensemble des solutions pour les plus démunis. 

C'est important pour les victimes choquées, démunies, d'avoir des partenaires légitimés. Parce qu'effectivement il y a plein de bonnes volontés qui peuvent se manifester, mais aussi des personnes pour qui l'aide aux victimes est maintenant un marché

Le soutien psychologique a-t-il aussi sa place ?

"Notre aide comporte plusieurs dimensions : l'information aux droits des victimes, faire le lien avec le barreau, puisque c'est important aussi d'avoir des avocats dans certaines procédures, mais il y a aussi des psychologues pour un soutien psychologique et des assistantes sociales.

Il y a par exemple des victimes d'attentats qui sont suivies chez nous à l'espace d'accompagnement mis en place en décembre 2015. Cet espace est toujours ouvert, et reçoit toujours des victimes d'attentats. Il y a encore des soutiens psychologiques pour certains d'entre eux, mais aussi des problèmes de droit qui peuvent persister, des relogements toujours pas réglés. Sans compter l'aide juridique pour les procès qui se profilent dans un an ou deux, et que nous commençons à préparer". 

Comment identifier et solliciter l'association ?

"Sur les lieux d'abord avec un lieu d'accueil unique : dans le cas de l'incendie de la rue Erlanger par exemple, c'était  à la mairie du XVIe arrondissement de Paris, avec les psys par ici, les juristes de l'autre côté, le social d'un autre. On est identifié dans le parcours. Dans un deuxième temps, nous sommes mandatés donc nous avons la liste des victimes, et nous faisons une démarche auprès d'elles, pour proposer nos services.

Parfois certains ont accepté nos services plusieurs mois voire des années après, parce sur le moment, ce n'était justement pas le bon moment. Certaines victimes d'attentats nous ont contacté presque deux ans après. Il y avait celles qui avaient la réticence 'd'aller vers', hors c'est vraiment la démarche à adopter : aller vers, ne pas attendre. 

La plupart des personnes traumatisées ont un très fort sentiment d'abandon, et on doit y répondre

Nous ne sommes pas seulement dans l'urgence et dans l'immédiat. Les dispositifs sont pérennes. Ils peuvent en avoir besoin, non maintenant mais plus tard, ou bien un peu maintenant, et besoin d'aide plus longuement par la suite....comme ces victimes d'attentats de 1995, avec qui nous avons pu refaire un point de suivi lors du procès [en 2007], parce que c'était, pour elles, le moment".

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