Un rapport publié en juin dernier et analysé mercredi par l'économiste Thomas Piketty met en avant l'absence de mixité sociale à Paris. En cause notamment : les collèges privés.

La mixité sociale dans les écoles fait défaut à Paris
La mixité sociale dans les écoles fait défaut à Paris © Maxppp / Alex Baillaud

C'est un rapport peu remarqué qu'a détaillé l'économiste français Thomas Piketty sur son blog mercredi. Pour une consultation sur la ségrégation dans les collèges parisiens, Julien Grenet a publié en juin dernier ses travaux sur la forte disparité dans la répartition des élèves défavorisés.

A Paris, il y a 175 collèges pour 85 447 élèves. Ces derniers sont scolarisés dans un établissement public pour 66% d'entre eux (115 collèges publics), contre 34% dans les 60 collèges privés. D'après la répartition par catégorie socio-professionnelles, 16% des élèves sont classés dans la catégorie "défavorisés", celle des ouvriers, des chômeurs et des inactifs.

Pourtant, la répartition est loin d'être homogène, notamment dans les collèges privés, qui ne comportent que très rarement un taux d'élèves de cette catégorie supérieur à 10%.

Capture d'écran - juin 2016
Capture d'écran - juin 2016 © Julien Grenet

La sectorisation des élèves trop segmentante à Paris

Si le coût d'entrée d'un établissement privé peut expliquer une partie de cette répartition hétérogène (les familles les plus pauvres étant découragées par le coût de la scolarité), la sectorisation des élèves, comprendre la carte scolaire, aggrave sensiblement ce phénomène.

A Paris, ville où se loger coûte cher, l'absence de mixité sociale est flagrante :

Capture d'écran - juin 2016
Capture d'écran - juin 2016 © Julien Grenet
Capture d'écran - juin 2016
Capture d'écran - juin 2016 © Julien Grenet

50% de la ségrégation sociale a lieu entre des collèges publics d'un même arrondissement

Mais le rapport relève également que "50% de la ségrégation sociale" se joue, pour les collèges publics, au sein d'un même arrondissement.

Dans le XVIIIe, par exemple, parmi les treize collèges publics de l'arrondissement, huit d'entre eux comportent entre 34 et 58% d'élèves défavorisés. Pour les cinq autres, ce taux ne dépasse pas 16%.

Capture d'écran - juin 2016
Capture d'écran - juin 2016 © Julien Grenet

Pour y remédier, le rapport préconise de prioriser les demandes des élèves en fonction de critères tels que boursier/non boursier et de respecter une répartition par liste de vœux plutôt que par secteur géographique. Problème : sans intégration dans ce système des établissements privés, la mixité reste non assurée.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.