Léo nous a écrit. Il va devenir papa. Et il aimerait bien savoir si ce nouveau congé paternité qui va doubler sera mieux rémunéré que l’actuel ? Sandrine Foulon, chroniqueuse dans "On n’arrête pas l’éco", lui répond.

Ce nouveau congé paternité qui va doubler sera-t-il mieux rémunéré que l’actuel ?
Ce nouveau congé paternité qui va doubler sera-t-il mieux rémunéré que l’actuel ? © Getty / Catherine Delahaye

Alors Léo déjà, toute l’équipe d’On n’arrête pas l’éco est ravie pour vous, pour cet heureux événement, le problème c’est que ce congé paternité ne sera pas pour vous. Il va effectivement passer de 14 à 28 jours mais il n’entrera en vigueur que dans 10 mois, le 1er juillet

On n’en connait pas encore toutes les modalités. Et vous avez raison, la question des indemnités est cruciale : elle dissuade encore beaucoup de pères (qui gagnent en général plus que les mères) à prendre leur congé paternité. Aujourd’hui, et ce devrait être le cas pour le futur dispositif, les trois premiers jours de naissance sont à la charge de l’employeur, tous les autres seront payés par la Sécu qui calcule les indemnités journalières. 

  • Si vous gagnez 2500 euros par mois, vous touchez 60 euros par jour, 
  • Si vous êtes à 4000 ou 5000 euros (de toutes façons c’est pareil, les indemnités sont plafonnées) 83 euros par jour.

Alors bien sûr, il y a des accords de branche et d’entreprises qui assurent le maintien du salaire à 100%. Le groupe Kering propose 14 semaines de congé paternité à ce tarif-là. C’est 10 semaines pour Aviva. Netflix fait carrément rêver avec 52 semaines. 

Etre salarié en CDI est évidemment plus protecteur. Six pères sur 10 prennent leur congé paternité. On tombe à 48% pour les pères en CDD. Et seuls trois indépendants sur dix choisissent de pouponner. A raison d’un forfait de 56 euros par jour, ça peut décourager.

Mais ce congé paternité n’est-il pas encore trop court ? Pour que ça marche, faut-il le rendre obligatoire ?

Vous savez, c’est comme cette vieille pub avec les Finger de Monsieur Cadbury. Est-ce qu’on pourrait pas les faire un peu plus longs ces congés paternité ? C’est moins que les neuf semaines que demandait la commission Cyrulnik sur les 1000 premiers jours, c’est moins que les records scandinaves. Mais c’est toujours ça de pris, surtout en cette saison de crise sanitaire et de lois de finances. Les dépenses sociales vont faire l’objet d’arbitrages très serrés.

Toutes les études le montrent, plus les hommes sont impliqués à la maison, plus les inégalités entre les sexes diminuent. Il y aura sept jours de congé obligatoire pour les pères sur les 28. C’est un bon début mais derrière, il faut assurer au moins trois ans, les fameux 1000 jours. Après le congé paternité vient le congé parental. Le gouvernement en a aussi rendu une partie obligatoire pour les pères, il y a cinq ans, pour répondre aux demandes des associations féministes. Ça n’a servi à rien puisque ce congé est toujours aussi mal rémunéré. Il continue d’être massivement pris par les femmes. 

Il reste donc, Léo, 972 jours à réformer. Et ce sont ceux-là qui coûtent le plus cher.

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